Corée du Sud : le chef de file de l'opposition poignardé en pleine rue

par F.Se avec AFP
Publié le 2 janvier 2024 à 7h45

Source : TF1 Info

Le chef de file de l'opposition sud-coréenne a été poignardé ce 2 janvier 2024.
Lee Jae-myung s'entretenait avec des journalistes lorsqu'un homme lui a porté un coup de couteau au cou.
Conscient lors de son évacuation à l'hôpital, ses jours ne seraient pas en danger.

Le chef de file de l'opposition sud-coréenne Lee Jae-myung a été poignardé au cou ce mardi, alors qu'il s'entretenait avec des journalistes à Busan dans le sud-est de la Corée du Sud. Après avoir visité le site d'un nouvel aéroport, le leader politique marchait dans la ville portuaire, entouré d'une nuée de journalistes, lorsqu'un homme l'a poignardé au cou, selon des images diffusées par la télévision locale. 

Lee Jae-myung, 59 ans, s'est ensuite effondré au sol tandis que plusieurs personnes se sont précipitées vers lui pour lui porter secours et couvrir sa blessure. Il "se dirigeait vers sa voiture tout en parlant aux journalistes lorsque l'assaillant lui a demandé un autographe avant de l'attaquer au niveau du cou avec ce qui semblait être un couteau", a raconté un témoin à la chaîne locale YTN. 

"Acte de terreur"

M. Lee a ensuite été transporté vers l'hôpital universitaire national de Busan, à bord d'une ambulance puis d'un hélicoptère. Il était alors encore conscient, selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap. "C'est un acte de terreur contre M. Lee et une grave menace pour la démocratie qui ne devrait jamais se produire, quelles que soient les circonstances", a déclaré aux journalistes le député du Parti démocrate, Kwon Chil-seung, à l'extérieur de l'hôpital. 

La police de Busan a déclaré que M. Lee souffrait "d'une lacération d'un centimètre au cou", qu'il "restait conscient et que l'hémorragie était mineure". D'après des images diffusées par la télévision sud-coréenne, des agents de police ont lutté contre l'assaillant et l'ont plaqué au sol, avant de l'arrêter. Ce dernier portait un couvre-chef sur lequel figurait le nom de M. Lee. 

Candidature à la présidentielle et scandales

Chef du parti démocrate, M. Lee a perdu contre le conservateur et actuel président sud-coréen, Yoon Suk Yeol, lors de l'élection présidentielle de 2022. Celui-ci a exprimé sa "vive inquiétude pour la sécurité de Lee Jae-myung après avoir appris l'attaque", selon la porte-parole de la présidence. Il a également "souligné que notre société ne devrait jamais tolérer ce type d'acte de violence, quelles que soient les circonstances", a-t-elle ajouté. 

Ancien ouvrier et gouverneur de la province de Gyeonggi, la plus peuplée du pays et qui entoure Séoul, M. Lee avait proposé des mesures originales, notamment un revenu universel minimum et des uniformes scolaires gratuits au cours de la dernière campagne présidentielle. Mais sa candidature avait été émaillée par une série de scandales. Le dirigeant avait notamment été critiqué pour une transaction immobilière jugée douteuse, et des rumeurs lui avaient prêté aussi des liens avec la mafia, tandis que son épouse avait été accusée d'utilisation illégale de fonds publics. 

En septembre dernier, Lee Jae-myung a évité de peu l'arrestation, après qu'un tribunal a rejeté une demande de placement en détention provisoire émanant du parquet dans l'attente de son procès pour diverses accusations de corruption. Il est soupçonné de corruption en lien avec une entreprise qui aurait illégalement transféré 8 millions de dollars vers la Corée du Nord. 

M. Lee a commencé sa vie professionnelle à 11 ans dans une fabrique de gants. Deux ans plus tard, il a été victime d'un accident professionnel. Son bras était resté coincé dans une presse, entraînant un handicap à vie. Devenu avocat, spécialiste des droits humains, il est entré en politique en 2010. En 2018, il a été élu gouverneur de la province de Gyeonggi. 

Candidat malheureux en 2022, il a entamé l'année suivante une grève de la faim pour dénoncer les politiques "incompétentes et violentes" du gouvernement conservateur actuel. Après avoir arrêté de se nourrir pendant 19 jours, l'homme politique avait été hospitalisé. Il est pressenti pour se présenter à nouveau à l'élection présidentielle en 2027, un scrutin pour lequel il fait figure d'adversaire de poids selon de récents sondages. 


F.Se avec AFP

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