Niger : la France hausse le ton et dément les accusations de la junte sur une intervention militaire

par M.B AFP
Publié le 31 juillet 2023 à 20h26, mis à jour le 31 juillet 2023 à 22h56

Source : JT 20h Semaine

La France a démenti ce lundi les accusations de la junte sur une intervention militaire française au Niger.
Paris a aussi nié l'usage d'un moyen létal pour disperser les manifestants devant son ambassade dimanche.
Le Niger est en proie au chaos après un coup d'État militaire, qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum la semaine dernière.

Un démenti ferme. La cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna a démenti ce lundi soir les accusations de la junte qui a pris le pouvoir au Niger, selon lesquelles la France voudrait "intervenir militairement" dans le pays. "C'est faux", a-t-elle déclaré sur BFMTV. "Il faut démonter les intox et ne pas tomber dans le panneau", a également réagi la ministre.

Les militaires nigériens qui ont renversé le président Bazoum ont accusé lundi la France - ex-puissance coloniale au Niger et soutien indéfectible du président déchu - de "vouloir intervenir militairement", au lendemain d'un sommet des voisins ouest-africains du Niger qui ont menacé d'utiliser la "force" s'il n'était pas rétabli dans ses fonctions d'ici dimanche. 

Ce lundi, la ministre des Affaires étrangères a estimé qu'il était "possible" de rétablir dans ses fonctions le président Mohamed Bazoum, élu démocratiquement. "Et c'est nécessaire car ces déstabilisations sont périlleuses pour le Niger et ses voisins", a-t-elle souligné. 

La France n'a pas utilisé de moyen léthal contre des manifestants

La France a également démenti avoir utilisé un moyen létal pour disperser les manifestants dimanche devant son ambassade à Niamey au Niger. Après la manifestation, certains responsables nigériens ont évoqué auprès de la presse des tirs français à balles réelles sur la foule. "Contrairement à ce qu'affirment certains responsables militaires nigériens, aucun moyen létal n'a été utilisé par les forces de sécurité françaises", déclarent dans un communiqué conjoint le ministère des Affaires étrangères et le ministère des Armées.

Des milliers de manifestants pro-putschistes se sont ensuite réunis dimanche devant l'ambassade de France à Niamey, capitale du Niger, avant d'être dispersés par des grenades lacrymogènes. Certains ont voulu entrer dans le bâtiment, d'autres ont arraché la plaque affichant "Ambassade de France au Niger", avant de la piétiner sur le goudron et de la remplacer par des drapeaux russe et nigérien.

"Nous avons vu une manifestation organisée, non spontanée, violente, extrêmement dangereuse, avec des cocktails molotov des drapeaux russes qui sont apparus, des slogans anti-français copié collé de ce que l'on peut avoir ailleurs", a déploré Catherine Colonna ce lundi, relevant "tous les ingrédients habituels de la déstabilisation à la mode russo-africaine".

Elle a rappelé que la priorité absolue de la France était "la sécurité de ses ressortissants" tandis que la sécurité de l'ambassade de France à Niamey a été renforcée. 


M.B AFP

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