TRUMPISME - En Floride, le port du masque est rare, et pour cause il n'est pas obligatoire. Le gouverneur de l'État, un fervent soutien de Trump, persiste dans son hostilité aux restrictions. L'épidémie y connait pourtant un important rebond.

Sur dix Américains décédés du Covid, un était habitant de la Floride. La mortalité est affolante et le taux d'incidence grimpe encore, dans cet État qui se targuait d'avoir franchi l'épidémie sans en passer par les restrictions les plus pénibles. Face à ce retour du virus, le gouverneur Ron de Santis, un proche de Trump, n'infléchit pas sa ligne anti-restrictions, bien au contraire.

À Tampa, l'équipe de TF1 a cherché des habitants masqués, mais sans succès, comme on le voit dans le reportage en tête de cet article. Dans les endroits clos ou à la caisse des supermarchés, ils ne portent pas de masques et la plupart des gens sont fiers d'incarner cette exception nationale : "C'est l'Amérique ici", clame l'un d'eux, "pas une dictature ou un pays communiste". En droite ligne avec leur gouverneur Ron DeSantis, dont le combat vise surtout... ceux qui réclament plus de restrictions. 

Tout va beaucoup plus vite que lors de la première vague
Jason Wilson, médecin à l'hôpital de Tampa

Un pari risqué qui a d'abord semblé réussir : cette stratégie aura permis de redresser l'économie de l'État, sans subir le frein des restrictions, et avec un taux de mortalité pas plus élevé qu'ailleurs dans le pays. Mais l'épidémie reprend à un rythme soutenu. Par exemple, à Tampa, "l'hôpital est passé de cinquante à cent admissions par jour", selon les explications du docteur Jason Wilson. "Tout va beaucoup plus vite que lors de la première vague, il y a un an", constate-t-il effrayé. En septembre, un cas sur cinq recensés dans le pays, est détecté en Floride. Les hôpitaux sont proches de la rupture, les pompes funèbres sont saturées, et le virus a fait son entrée dans les écoles.

Sourd à l'inquiétude qui monte, Ron DeSantis préfère s'en prendre à des parents d'élèves qui ont voté pour instaurer le port du masque obligatoire dans les écoles de leurs enfants, en menaçant de couper les subventions aux établissements. Comme Donald Trump à l'époque de sa présidence, dont il est un partisan zélé, il refuse d'appliquer les recommandations sanitaires dans son État. Un positionnement calculé, pour cette étoile montante de l'aile droite du Parti républicain, à qui on prête désormais des ambitions présidentielles.


La rédaction de TF1info

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