Défilé militaire, discussions stratégiques… Que va faire Emmanuel Macron à partir de ce jeudi en Inde ?

Publié le 23 janvier 2024 à 18h35, mis à jour le 26 janvier 2024 à 7h35

Source : TF1 Info

Emmanuel Macron se rend en Inde, jeudi 25 et vendredi 26 janvier.
Il sera l'invité d'honneur de Narendra Modi pour la journée de la République, fête nationale indienne célébrée tous les 26 janvier.
Le président français sera notamment accompagné de l'astronaute Thomas Pesquet.

Un retour d'ascenseur de la part de Narendra Modi. Après avoir été mis à l'honneur lors du défilé du 14 juillet en France, le Premier ministre indien a proposé à Emmanuel Macron d'assister aux célébrations qui vont se tenir ce 26 janvier à l'occasion de la journée de la République dans son pays. Cette fête, à laquelle le président français sera l'invité d'honneur, commémore depuis 75 ans l'entrée en vigueur de la Constitution indienne, trois ans après son indépendance, en 1947.

Six mois après le 14 juillet

Cette nouvelle visite d'Emmanuel Macron, après avoir été en Inde lors du G20, en septembre dernier, six mois après les célébrations du 14 juillet, semble illustrer la bonne entente qui règne aujourd'hui entre la France et l'Inde. "Il s'agit d'une marque de confiance particulièrement importante de la part des Indiens à l'égard de la France, et ce dans la continuité de la visite du Premier ministre Narendra Modi pour le 14 juillet", s'est d'ailleurs félicité l'Élysée.

Comme en miroir du défilé sur les Champs-Élysées, ouvert par 240 militaires indiens, un contingent français participera à la grande parade militaire de la Fête de la Constitution indienne à New Delhi. 140 militaires de l'armée de terre et des avions français devraient défiler. Avant de prendre place en tribune officielle, Emmanuel Macron devrait par ailleurs arriver en fiacre aux côtés de la présidente indienne, Droupadi Murmu, alors que le thème du défilé est "empowering women" (rendre les femmes plus fortes, ndlr).

La veille, le Premier ministre accueillera son hôte avec faste à Jaipur, capitale régionale de l'État du Rajasthan, à 200 kilomètres au sud de New Delhi, réputée pour ses palais et ses éléphants. Après une arrivée programmée à 10h (14h30, heure locale), Emmanuel Macron devrait notamment se rendre vers 11h au Fort Ambert (15h30, heure locale), avant de rejoindre Narendra Modi un peu plus tard pour la visite d'un ancien observatoire astronomique et du palais des Vents.

Un partenariat commercial et stratégique

Mais cette visite officielle ne sera pas seulement touristique. Les deux dirigeants vont discuter de l'Ukraine, du Moyen-Orient et de la Chine ainsi que de la coopération bilatérale en matière de défense, selon une source diplomatique indienne à l'AFP, alors que la présidence française considère que "l'Inde est, dans le contexte actuel, un partenaire clé pour contribuer à la paix et la sécurité internationales".

Sera d'ailleurs présent aux côtés d'Emmanuel Macron, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné. La ministre de la Culture, Rachida Dati, et le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, devraient également accompagner le chef de l'État, alors que l'Inde et la France cultivent de longue date des liens de défense. L'Inde a notamment acquis 36 Rafales entre 2020 et 2022. 

Des chefs de PME, de TPE et de grandes entreprises, parmi lesquelles des entreprises d'armements et d'aviation, seront d'ailleurs du voyage. Ce sera aussi le cas de l'astronaute Thomas Pesquet, alors que l'Inde et la France partagent nombre de programmes dans le domaine spatial, notamment satellitaires.

Alors que cette visite en Inde se prépare, des ONG, dont Human Rights Watch, ont par ailleurs interpellé Emmanuel Macron en l'appelant à ne "pas ignorer la terrifiante répression des minorités religieuses, des médias indépendants, des opposants politiques et des organisations de défense des droits humains qui a lieu actuellement en Inde". Narendra Modi est accusé depuis plusieurs années de dérives autoritaires et de répression des minorités religieuses.

Dans ce contexte, une journaliste française, notamment correspondante pour Le Point, a déclaré, deux jours avant la visite officielle d'Emmanuel Macron, qu'elle risquait d'être expulsée d'Inde après deux décennies dans ce pays pour des reportages que les autorités ont qualifiés de "malveillants et critiques".

Human Rights Watch appelle donc à ce que les droits humains fassent partie des discussions, en plus des "partenariats commerciaux et stratégiques entre les deux pays". En amont de la visite, un conseiller présidentiel estime qu'"il n'y a pas de sujets tabous, mais le but est de les évoquer dans le respect et avec pour objectif de parvenir à des résultats concrets." 


Aurélie LOEK

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