VIDÉO - Des opposants russes empoisonnés à Berlin ?

Publié le 22 mai 2023 à 11h52

Source : TF1 Info

Une journaliste et une militante russe en exil ont rencontré des problèmes de santé après une réunion de dissidents à Berlin.
La police allemande, redoutant un empoisonnement, a ouvert une enquête.

Des dissidents russes ont-ils été empoisonnés ? Le soupçon plane à Berlin, où une réunion a eu lieu il y a quelques semaines. Devant l'état de santé d'une journaliste et d'une militante russe en exil, la police a ouvert une enquête, ce lundi 22 mai, comme le présente la chronique de LCI visible en tête de cet article.

"Les investigations sont en cours", a déclaré un porte-parole de la police de Berlin à l'AFP, confirmant des informations du quotidien Die Welt publiées samedi soir. Le média russe d'investigation Agentstvo, lui, a fait état cette semaine de problèmes de santé rencontrés par deux participantes à une réunion, les 29 et 30 avril, autour de l'homme d'affaires et opposant Mikhaïl Khodorkovsky. L'une d'elles, présentée comme une journaliste ayant récemment quitté la Russie, a ressenti durant l'événement des problèmes de santé non précisés mais a déclaré qu'ils avaient peut-être commencé avant. Le média ajoute qu'elle s'est ensuite rendue à l'hôpital berlinois de la Charité où avait été soigné l'opposant russe Alexeï Navalny, victime d'un empoisonnement au Novitchok en août 2020.

Un "engourdissement prononcé"

La deuxième participante est Natalia Arno, directrice de l'ONG Free Russia Foundation aux États-Unis, où elle vit depuis dix ans après avoir dû quitter la Russie. De "premiers symptômes étranges" sont apparus lors de son voyage à Berlin, où elle a assisté à cette conférence, a-t-elle raconté dans un message publié cette semaine sur Facebook. Elle s'est ensuite rendue à Prague (République tchèque) pour une série de rencontres publiques sur la Russie. C'est après ces réunions que son état a empiré : elle dit avoir ressenti "des symptômes étranges" et des "des douleurs aiguës", qui se sont aggravés lors de son trajet de retour en avion vers les États-Unis, avec un "engourdissement prononcé". Elle a été médicalement prise en charge sur place.

"Il existe des soupçons sur le fait que j'ai été empoisonnée avec un agent innervant (des poisons s'attaquant au système nerveux dont fait partie le Novitchok, ndlr)", a-t-elle déclaré. Natalia Arno déclare également avoir trouvé, à Prague, la porte de sa chambre d'hôtel ouverte, et y avoir senti "une odeur étrange et piquante de parfum bon marché". Contactées par l'AFP, les autorités tchèques ont de leur côté déclaré cette semaine n'avoir "aucune information" sur cette affaire.

Ces dernières années, plusieurs attaques au poison ont été perpétrées à l'étranger et en Russie contre des opposants au pouvoir. Moscou nie toute responsabilité de ses services secrets. Mais le poison Novichok, dont l'utilisation dans le cas d'Alexeï Navalny a été confirmée par les laboratoires européens, a été spécifiquement développé par l'URSS à des fins militaires. Cet agent a également été utilisé dans une tentative de meurtre en 2018 de l'ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille dans la ville anglaise de Salisbury. Selon les autorités anglaises, "seul l'État russe avait les moyens techniques, l'expérience et le mobile" pour mener cette opération.


Thomas GUIEN

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