La guerre au Sahel, mais aussi et surtout celle en Ukraine, ont révélé à quel point les drones étaient devenus incontournables.
Le ministère des Armées vient d’annoncer plusieurs projets visant à fabriquer et à faire usage de munitions "téléopérées".
Parmi eux, celui du drone "Sky Carrier".

Le drone, une arme qui terrorise, furtive et très difficile à abattre. Si les Russes en font parfois des missiles qui s’écrasent au milieu des habitations civiles, les drones sont surtout devenus indispensables aux combattants sur le champ de bataille. Les Ukrainiens sont désormais experts dans leur nouvel usage, avec des appareils ultra-légers qui transportent des charges explosives lâchées au mètre près sur une tranchée ennemie. 

Une capacité qui n’a pas échappé aux militaires français. Pour la première fois, ces derniers vont développer la fabrication de leur propre "drone tueur", le "Sky Carrier", mis au point par la section technique de l’armée de terre. Il est capable de transporter 35 kg de charge explosive et de larguer 20 grenades de 40 millimètres, le tout sur une distance allant jusqu’à 10 kilomètres. Ce drone, qui a fait ses premiers essais en ce mois de mars, "vise à répondre à un besoin des forces terrestres dans l'appui au contact ou le harcèlement du dispositif adverse", a indiqué la semaine dernière le général Yann Gravêthe, directeur par intérim de la Dicod (Délégation à l'information et à la communication de la Défense), à l’occasion du point de presse hebdomadaire des armées.

Un changement de doctrine ?

Une nouveauté, car la France a longtemps refusé ces bombardiers pilotés à distance. Jusqu’en 2019, les fameux "Reaper" fournis par les Américains ne servaient que de drones de surveillance au Sahel. Cette fois-ci, un système d’armes de ce type entièrement français va être conçu. Faut-il y voir un changement de doctrine ? "Quelque part, oui", répond le Lieutenant-colonel Vincent Arbaretier, sollicité dans le reportage de TF1 en tête de cet article. "On s'était interdit que des robots puissent tuer des hommes", poursuit l'historien militaire. "Les robots sont télépilotés de pas trop loin, mais néanmoins ils tuent des hommes". 

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Parmi les autres projets en cours au sein de l'armée française, le drone AVATAR, équipé d’un fusil d’assaut mitrailleur (voir photo ci-dessus), et d'autres encore dont les rayons d'action varieront de 5 à 50 kilomètres. Un point commun ? Le télépilote ne sera jamais loin du théâtre d'opération afin de le garder au contact de la réalité du terrain. 

En revanche, aucun de ces projets ne comporte de "drones kamikazes", soit ceux qui s'écrasent sur leur cible. La France, insiste-t-on au ministère de la Défense, ne s'est pas non plus engagée sur la voie des systèmes d'armes létales autonomes, à savoir des "munitions rôdeuses", ces robots de combat capables d'attaquer des humains de manière totalement autonome. 


La rédaction de TF1info | Reportage Michel Scott, Christophe Buisine

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