VIDÉO - Égypte : les maisons flottantes du Caire menacées de disparition

Delphine XAINTE
Publié le 1 juillet 2022 à 17h18
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Les expulsions des maisons flottantes installées sur la corne du Nil au Caire ont débuté.
C'est une partie du patrimoine de la capitale égyptienne qui risque de disparaître.
Ce réaménagement intervient en raison d'un mégaprojet de modernisation.

Lentement, les unités de police fluviale escortent les maisons péniches centenaires hors de leur point d'attache, le long de la berge du quartier Tik Tak à la pointe du Caire. Ce quartier emblématique de l'histoire cairote semble bel et bien en cours de disparition. Depuis le 27 juin, quatorze d'entre elles sur la quarantaine de résidences flottantes restantes ont déjà été détruites ou déplacées. 

Les propriétaires sont abasourdis. Depuis l'injonction qui leur a été faite en 2020 de ne plus stationner sur cette zone du Nil, tout est allé très vite sans qu'ils aient pu trouver un moyen de se retourner. Plusieurs recours ont bien été déposés auprès des tribunaux administratifs, en vain. 

Le président Abdel Fattah al-Sissi au pouvoir depuis 2014 à l'issue du Printemps arabe, veut moderniser la capitale. De grands travaux de réhabilitation du Caire actuel sont en cours, tout comme le projet pharaonique d'une nouvelle capitale ultra-moderne à 50km de là.  

Ici, l'idée est de remplacer ces awamat - leur nom arabe - par des cafés, hôtels et restaurants, officiellement plus propices au développement du tourisme, mais aussi plus facilement taxables et monnayables. L'armée pilote ces grands travaux d'aménagements et d'infrastructures. 

Reste que la disparition de ces maisons émeut la capitale, car le quartier est historiquement un symbole de la bohème égyptienne et de la contestation intellectuelle au pouvoir. Né au 19e siècle, ce repère de maisons péniches installé en bas du faubourg d'Imbaba offrait un espace d'évasion aux citadins. L'endroit est, au fil du temps, de plus en plus considéré comme un lieu de perdition et de subversion par les autorités.

Dans les années 1950, le président Nasser avait fait détruire une grande partie de ces résidences flottantes. De 200 au début du 20ème siècle, il n'en reste plus qu'une quarantaine.


Delphine XAINTE

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