Présidentielle en Russie : qui est Boris Nadejdine, le candidat "de la paix" qui veut mettre fin à la guerre en Ukraine ?

par A.B.
Publié le 23 janvier 2024 à 17h38

Source : TF1 Info

Des centaines d'habitants de Moscou se réunissent, depuis samedi, pour soutenir l'ex-député libéral.
Boris Nadejdine veut devenir le candidat de la "paix" contre Vladimir Poutine à la présidentielle de mars.
Mais avant de pouvoir se présenter, il doit collecter, avant le 31 janvier, 100.000 signatures d'électeurs.

Pourrait-il concurrencer Vladimir Poutine ? En Russie, un candidat à l'élection présidentielle mobilise, depuis samedi, des milliers de personnes. Ouvertement opposé à la guerre en Ukraine et se définissant comme le candidat "de la paix", Boris Nadejdine a annoncé son intention de se présenter à la présidentielle de mars face au chef du Kremlin. Pour cela, il doit collecter, avant le 31 janvier, 100.000 signatures d'électeurs. Portrait de cet ex-député libéral qui veut "en finir avec la mobilisation"

Un proche de l'opposant assassiné Boris Nemtsov

Né en avril 1963 en Ouzbékistan, Boris Nadejdine est un ex-élu, passé par l'opposition libérale, mais aussi des mouvements davantage alignés avec les autorités. Député de 1999 et 2003 à la chambre basse du Parlement, la Douma, contre le camp présidentiel, il a été proche de l'opposant Boris Nemtsov, assassiné en 2015. Ces dernières années, cet ancien conseiller municipal à Moscou s'était en revanche rapproché de formations politiques plus proches du Kremlin, sans pour autant en suivre totalement la ligne. 

Le soixantenaire se dit opposé à l'offensive russe en Ukraine et a affirmé, dimanche lors d'un débat sur YouTube, que la "première chose" qu'il ferait s'il était élu président serait "d'appeler à la paix" et d'en "finir avec la mobilisation". Avec cette doctrine, il a estimé, ces derniers mois, que la Russie devait "élire u nouveau président" et qualifié l'offensive sur Kiev "d'erreur fatale" de Vladimir Poutine, affirmant même que cette politique menait le pays "au désastre"

Des prises de position publiques qui sont une exception en Russie, où la quasi-totalité des figures politiques opposées à l'assaut contre l'Ukraine ont dû fuir le pays ou ont été emprisonnés. Jusqu'ici, celui qui avait ses entrées au sein du régime n'a pas été visé par la répression qui a pourtant décimé la société civile depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Tous les autres candidats à la présidentielle ont, pour leur part, exprimé leur soutien non seulement à l'opération du Kremlin contre son voisin, mais aussi à Vladimir Poutine lui-même.

Une donnée qui fait dire à plusieurs médias que Boris Nadejdine est en réalité la voix de l'opposition choisie par le Kremlin pour légitimer le scrutin de mars, comme il est courant de la faire lors de la présidentielle dans le pays. L'ex-député est en tout cas le seul avec cette ligne que les autorités ont laissé collecter les signatures nécessaires pour sa candidature.

Un nom synonyme "d'espoir"

Parmi les autres axes de son programme : cesser l'opposition systématique à l'Occident, gracier les prisonniers politiques ou encore diminuer autant que possible la dépendance de la Russie à la Chine. Boris Nadejdine est notamment soutenu par l'ex-patron de Ioukos, important groupe pétrolier russe, ainsi que par Lyubov Sobol, un proche d'Alexeï Navalny. Si le candidat du parti "Initiative Civique" semble n'avoir aucune chance lors de l'élection - qui devrait voir Vladimir Poutine largement l'emporter - il provoque une mobilisation inédite à Moscou, où des centaines d'habitants ont été filmés en train de faire la queue devant sa permanence, lundi, pour apporter leur signature à sa candidature.

Le site Internet de Boris Nadejdine a ainsi assuré en avoir déjà récolté 85.000. Un étudiant en biotechnologie de 19 ans, Ivan Semionov, explique la mobilisation à l'AFP car "pour nombre de gens, c'est la possibilité d'exprimer leur désaccord avec ce qui se passe, sans craindre d'être arrêtés ou limogés". Certains relèvent que même le nom de famille du candidat les inspire, sa racine étant la même que le mot "nadejda", "espoir" en russe. 

S'il parvenait à récolter toutes les signatures, cela ne garantirait toutefois pas à l'opposant de se présenter à la présidentielle de mars. Car la commission électorale devra ensuite les vérifier et les valider pour entériner sa candidature.


A.B.

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