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Élevage intensif : la ferme aux 8000 cochons en Espagne

Léa Tintillier | Reportage TF1 Julien Garrel, Armelle Exposito, Léa Caboche
Publié le 3 juin 2022 à 20h09, mis à jour le 6 juin 2022 à 21h39
JT Perso

Source : JT 20h WE

En Espagne, les macro-fermes, des exploitations de plus de 8000 cochons, se développent à une vitesse folle.
Mais une partie du lisier, riche en nitrates, s'infiltre dans les sols et pollue les nappes phréatiques.
Les habitants d'un village ont décidé de protester contre l'installation d'une nouvelle ferme.

Le gigantisme façon ibérique avec un terrain de 58 000 mètres carrés pour élever 8 000 cochons. C’est cinq fois plus que dans les plus grandes exploitations françaises. "Nous avons quatre ailes comme celle-ci. Ça, c’est la numéro deux", montre Raquel Condé, gérante de l’exploitation Nuestra senora del Pilar, en Espagne, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Ces cochons ne verront jamais la lumière du jour mais Raquel assure que leur bien-être est respecté. "Regardez, ils ont de l’espace pour se déplacer, se coucher, il y a même des jouets pour qu’ils se divertissent. Nous remplissons toutes les normes. D’ailleurs, vous voyez, les cochons n’ont pas peur de nous, ils ne fuient pas. Ce sont des animaux bien traités", affirme-t-elle. 

Dans le pays, il existe plus de 2000 exploitations comme celle-ci. Un modèle largement contesté par les défenseurs des animaux mais aussi un important pourvoyeur de viande bon marché et d’emploi. Rien qu’ici, 20 personnes travaillent à temps plein. Grâce à ces macro-fermes, l’Espagne est devenue le premier producteur européen de porc. 58 millions ont été abattus en 2021. Le principal problème de cette production de masse reste le lisier, riche en nitrates, qui s’accumule dans les fosses autour des fermes. Les agriculteurs peuvent certes s’en servir comme engrais mais les quantités sont telles qu’une partie s’infiltre dans les sols et pollue les nappes phréatiques. 

80 nouveaux projets à l’étude

À quelques centaines de mètres de cette macro-ferme, se trouve le village de Santa Maria La Real De Nieva, où vit Lauro. Et depuis cinq ans, pas question pour lui et les autres habitants de boire l’eau du robinet. "On a fait des mesures. Cette eau contient 50 milligrammes de nitrates par litre et la limite maximale tolérée en Espagne va être abaissée à 37. Cette eau est clairement impropre à la consommation. Si je la buvais, ce serait comme prendre une petite dose de poison tous les jours", se désole-t-il. Alors chaque semaine, Lauro va remplir ses bidons à une source d’eau potable. "On est revenus 50 ans en arrière. Je dois parcourir dix kilomètres pour chercher cette eau juste pour boire", poursuit-il. 

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Pour ne pas se retrouver dans la même situation, les habitants de Cabezon ont décidé de protester aux côtés du maire contre l’installation d’une nouvelle ferme tout près de leur village. "Les gens viennent ici pour la nature, les paysages. Avec cette ferme, le territoire va perdre toute son attractivité. Ce sera un coup terrible pour le tourisme et je ne vous parle même pas des odeurs infectes qui se dégagent de ce type d’installation", témoigne le maire Sergio Garcia. Rien qu’en Castilla y Leon, 80 projets de nouvelles macro-fermes sont à l’étude, dans une région qui compte déjà trois fois plus d’exploitations porcines que de communes. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Julien Garrel, Armelle Exposito, Léa Caboche

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