Affaire des sous-marins : une crise inédite entre la France, l'Australie et les États-Unis

Macron et Biden se retrouvent à Rome pour tourner la page de la crise des sous-marins

Publié le 29 octobre 2021 à 6h56
Macron et Biden se rencontreront ce vendredi à Rome.

Macron et Biden se rencontreront ce vendredi à Rome.

Source : Brendan Smialowski / POOL / AFP

DIPLOMATIE - Emmanuel Macron et son homologue américain Joe Biden se retrouvent ce vendredi à Rome pour la première fois depuis la crise des sous-marins australiens qui avait provoqué l'ire de Paris.

La rencontre est très attendue. L'objectif est simple : remettre sur les rails la relation franco-américaine. Le chef de l'État français et le président américain se retrouveront, ce vendredi, dans la capitale italienne alors que la crise des sous-marins australiens avaient des tensions sans précédent entre les deux pays. À la veille du sommet du G20, les présidents français et américains se réuniront à 16h15 à la Villa Bonaparte, l'ambassade de France près le Saint-Siège. "C'est donc que le président Macron recevra la visite du président Biden", ce qui a "un caractère politique important", souligne l'Élysée.

Pour Paris, l'administration américaine envoie un signe de plus de leur volonté de se rabibocher avec la France après avoir déjà fait amende honorable en reconnaissant une certaine responsabilité dans la brouille. Washington avait été visiblement surpris par la très vive réaction française à l'annonce mi-septembre d'une nouvelle alliance, baptisée "Aukus", entre les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni dans la zone indo-pacifique. Outre le fait de ne pas avoir été consulté, Paris avait été très dépité par la première conséquence de ce partenariat : l'abandon par l'Australie d'un mégacontrat de sous-marins français.

Mécontent, Emmanuel Macron avait attendu une semaine avant de s'entretenir avec Joe Biden le 22 septembre. À l'époque, la discussion téléphonique avait permis d'amorcer la détente. Les deux dirigeants avaient alors lancé un "processus de consultations approfondies" pour rétablir la confiance durement éprouvée entre les deux alliés. Lundi 4 octobre, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, s'était rendu à Paris pour tourner la page de la crise diplomatique. La rencontre de Rome arrive au bon moment pour "démontrer que nous avons su négocier ensemble des éléments de coopération significatifs" qui "nous permettent de cadrer la relation franco-américaine pour la suite", affirme un conseiller du président français.

Aukus va laisser des marques

L'expert Pierre Morcos, du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington

Selon l'expert Pierre Morcos, du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington, "Aukus va laisser des marques" mais "les deux pays semblent désireux d'avancer et de transformer cette crise diplomatique en une opportunité pour renforcer le partenariat bilatéral et rééquilibrer les liens transatlantiques." 

Les attentes de Paris sont multiples. Tout d'abord, l'Élysée veut obtenir des engagements concrets de la part de Washington. Il cherche en particulier à obtenir la bénédiction des Américains à la création d'une véritable défense européenne, un projet cher aux Français, mais qui peine à prendre forme 30 ans après son lancement. "L'essentiel", explique l'Élysée, est "de mettre tout le monde d'accord sur le fait qu'il n'y a pas de contradiction entre défense européenne et Alliance atlantique". "Il est vertueux de pouvoir distribuer les rôles d'une telle manière que les Européens soient des acteurs collectivement plus capables, plus engagés, plus robustes, et que les Américains soient de leur côté des alliés toujours aussi fiables". 

Le soutien américain est critique

Un conseiller du président

Pour Paris, il est temps que l'ensemble des pays européens prennent la mesure du pivot stratégique opéré par les États-Unis vers l'Indo-Pacifique et la Chine, au détriment d'autres régions dont l'Europe ou le Moyen-Orient. Un autre souhait d'Emmanuel Macron est d'obtenir de Joe Biden un renforcement de son appui dans la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel.

"Le soutien américain est critique" car "il nous permet d'opérer dans de meilleures conditions", souligne un conseiller du président. Jusqu'à présent, les États-Unis n'ont pas publiquement détaillé comment ils entendaient "renforcer leur appui aux opérations antiterroristes", selon les termes du communiqué commun publié le 22 septembre après l'entretien Biden-Macron. Depuis plusieurs années, les forces américaines agissent en toute discrétion au Sahel, laissant les pays de la région et la France en première ligne. Elles leur apportent surtout une aide précieuse à partir d'une importante base de drones implantée dans le nord du Niger.

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Pour réchauffer les relations avec la France, l'administration Biden compte aussi sur la vice-présidente Kamala Harris, qui est attendue les 11 et 12 novembre à Paris, à l'occasion du Forum de Paris sur la paix et de la Conférence internationale sur la Libye. Elle sera reçue par Emmanuel Macron à l'Élysée.


La rédaction de TF1info

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