En Iran, un directeur de banque limogé pour avoir servi une cliente sans voile

Antoine Llorca avec l'AFP
Publié le 27 novembre 2022 à 10h03

Source : JT 20h WE

En Iran, le directeur d'une banque a été renvoyé car il a servi une femme sans voile.
La loi impose à toutes les femmes le port d'un voile recouvrant la tête et le cou tout en dissimulant les cheveux.
Ce limogeage du directeur de cette banque intervient alors que l'Iran est secoué par un mouvement de contestation sans précédent.

Le directeur d'une banque iranienne a été démis de ses fonctions pour avoir servi une femme ne portant pas le voile obligatoire dans ce pays en proie à des manifestations, a annoncé ce dimanche un média local. "Le directeur d'une banque de la province de Qom, qui avait fourni des services bancaires jeudi à une femme non voilée, a été démis de ses fonctions sur ordre du gouverneur", selon l'adjoint de ce gouverneur, Ahmad Hajizadeh, cité par l'agence Mehr. L'agence Mehr a affirmé que "la vidéo de cette personne sans hijab a suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux". 

Depuis la Révolution islamique de 1979, la loi impose à toutes les femmes le port d'un voile recouvrant la tête et le cou tout en dissimulant les cheveux. "La mise en œuvre de la loi sur le voile dans les institutions gouvernementales incombe à son directeur", a indiqué Ahmad Hajizadeh, cité par l'agence. En Iran, la grande majorité des banques sont aux mains de l'État. 

Le limogeage du directeur de cette banque intervient alors que l'Iran est secoué par un mouvement de contestation depuis la mort le 16 septembre de la Kurde iranienne de 22 ans arrêtée trois jours plus tôt à Téhéran par la police des mœurs qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique. 

Des dizaines de personnes, principalement des manifestants mais aussi des membres des forces de sécurité, ont été tuées lors du mouvement de contestation ayant suivi la mort de Mahsa Amini. Les autorités dénoncent des "émeutes" encouragées par l'Occident et ont arrêté des milliers de personnes. 


Antoine Llorca avec l'AFP

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