Les élus républicains inculpent le ministre de Joe Biden chargé de l'immigration

par Antoine LLORCA avec l'AFP
Publié le 14 février 2024 à 6h36, mis à jour le 14 février 2024 à 6h45

Source : JT 20h WE

Mardi soir, les élus républicains ont voté en faveur de l'inculpation d'Alejandro Mayorkas, ministre du président Joe Biden chargé de l'immigration.
Les élus trumpistes de la Chambre des représentants l'accusent d'avoir provoqué une crise à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.
Joe Biden dénonce une inculpation "politicienne".

Une procédure qui n'a aucune chance d'aboutir. Les républicains à la Chambre des représentants ont inculpé mardi soir Alejandro Mayorkas, le secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, notamment en charge de l'immigration, l'accusant d'avoir provoqué une crise à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. C'est la première fois en près de 150 ans que le Congrès décide d'une telle sanction contre un ministre. Cependant, sa destitution paraît quasiment impossible, compte tenu de la majorité démocrate au Sénat.

Les conservateurs avaient déjà tenté de l'inculper il y a une semaine, mais avaient manqué leur coup d'une poignée de voix, lors d'un vote humiliant pour le speaker trumpiste Mike Johnson.

Une inculpation "politicienne" pour Joe Biden

Joe Biden a rapidement réagi, en dénonçant, dans un communiqué, un "acte flagrant de politique politicienne qui a pris pour cible un honorable serviteur de l'État". "Au lieu d'organiser des mascarades de ce genre, les républicains qui se préoccupent réellement de la frontière devraient demander au Congrès davantage de ressources et de renforcer la sécurité aux frontières", a fustigé le démocrate de 81 ans.

Les chances qu'Alejandro Mayorkas soit démis de ses fonctions à l'issue de cette procédure de destitution sont extrêmement faibles, mais la situation n'en reste pas moins un casse-tête pour Joe Biden, à moins de neuf mois de la présidentielle. 

Les républicains accusent le président démocrate d'avoir laissé le pays se faire "envahir", prenant pour exemple le chiffre record de migrants arrêtés à la frontière, 302.000 en décembre 2023. Les démocrates balayent cette procédure d'un revers de main, accusant les républicains de faire du ministre un bouc émissaire en pleine année électorale. Le principal intéressé, Alejandro Mayorkas, a lui maintes fois rejeté les accusations du parti de Donald Trump, leur reprochant avec la procédure de destitution de "gaspiller du temps précieux et l'argent des contribuables".

L'immigration s'est imposée comme un des sujets phares de la campagne pour la présidentielle de novembre, qui opposera selon toute vraisemblance le président Joe Biden à son rival républicain Donald Trump.

Une destitution très improbable

La dernière inculpation d'un ministre par le Congrès remonte à... 1876. Le ministre de la Guerre William Belknap, accusé de corruption, avait démissionné avant la fin de la procédure de destitution. La Constitution prévoit que le Congrès peut destituer le président, un ministre, ou des juges fédéraux en cas de "trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs".

La procédure se déroule en deux étapes. D'abord, la Chambre des représentants vote, à une majorité simple, des articles de mise en accusation détaillant les faits reprochés au ministre : c'est ce qui s'appelle "impeachment" en anglais. C'est ce vote qui a eu lieu mardi soir. Le Sénat, chambre haute du Congrès, fera ensuite le procès du ministre.

Au terme des débats, les 100 sénateurs voteront sur chaque article. Il faut une majorité de deux tiers pour condamner, auquel cas la destitution est automatique et sans appel. Dans le cas contraire, Alejandro Mayorkas sera acquitté.

En tout état de cause, le Sénat américain est actuellement aux mains des démocrates, ce qui rend une destitution du ministre très improbable.


Antoine LLORCA avec l'AFP

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