L'Otan a annoncé jeudi le lancement de l'opération "Steadfast Defender".
L'exercice militaire, qui réunira plus de 90.000 soldats jusqu'en mai, sera le plus important depuis la guerre froide.
TF1info vous détaille les objectifs des Alliés.

L'opération n'est pas un luxe, c'est une "nécessité". Après deux jours de réunion, le comité militaire de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) a annoncé ce jeudi 18 janvier le coup d'envoi de "Steadfast Defender". La manœuvre, qui débutera dès la semaine prochaine pour se poursuivre jusqu'en mai, est d'ores et déjà décrite comme le plus grand exercice militaire de l'Alliance depuis la guerre froide. En quoi consistera-t-elle ? Dans quel objectif ? On fait le point.

Un entrainement et "un message clair"

L'opération doit réunir environ 90.000 soldats originaires de 31 pays alliés et de la Suède, a précisé l'amiral Rob Bauer, à la tête du comité militaire de l'Otan. Quelque 50 navires de guerre, 80 avions et 1100 véhicules de combat prendront part à ce vaste "jeu de guerre". Un nombre "record" en termes de soldats, comme l'a souligné le chef du comité qui rassemble les chefs d'état-major des armées des 31 pays membres de l'organisation. 

Ces manœuvres s'étendront de l'Atlantique au flanc est de l'Otan, a-t-il ajouté pendant cette même conférence de presse. Elles prendront la forme d'un scénario de conflit contre un "adversaire de taille comparable", selon la terminologie utilisée par l'Alliance atlantique. Comme en 2021, elles comporteront notamment le renfort sur le continent européen de troupes "venues d'Amérique du Nord".

Mais alors quel est l'objectif de cet exercice, le plus vaste depuis l'opération Reforger de 1988, en pleine guerre froide ? Sur le papier, le but est "de pratiquer la protection du flanc oriental de l'Otan", affirme le comité militaire de l'Otan. De fait, l'exercice conjoint doit venir améliorer les capacités des Alliés "à se déplacer rapidement à travers l'Atlantique et l'Europe pour se protéger mutuellement en cas de besoin", comme l'a expliqué l'amiral Rob Bauer. "L'objectif est de faire en sorte que nos forces soient entraînées, aptes à travailler ensemble et prêtes à répondre à n'importe quelle menace, d'où qu'elle vienne." 

Une coalition nécessaire à l'heure où "l'environnement de sécurité est devenu exigeant", selon l'euphémisme utilisé par les Alliés qui désignent ainsi, sans la nommer, la Russie et son offensive en Ukraine. Un conflit qui a prouvé encore une fois qu'en matière de sécurité, "le local n'existe pas". "Toute la sécurité est connectée", a plaidé l'amiral Rob Bauer au cours de cette même conférence de presse. 

C'est pourquoi, au-delà de l'aspect technique, le comité militaire souhaite aussi envoyer un message clair. Qu'il est un "Défenseur inébranlable", selon la traduction française de cette opération. "Il sera une démonstration claire de notre unité, de notre force et de notre détermination à nous protéger les uns les autres", a martelé le général américain Christopher Cavoli, chef des forces alliées en Europe. Un avertissement à destination de l'Est, où, là aussi, les adversaires de l'Alliance sont "plus connectés entre eux" que jamais.


Felicia SIDERIS

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