Vidéo inédite d'Alexeï Navalny : "Il y a quelque chose de personnel avec Poutine et sa façon étrange de ne jamais prononcer mon nom"

par T.A.
Publié le 7 mars 2024 à 13h58

Source : TF1 Info

LCI, en partenariat avec le journal "Libération", a dévoilé mercredi un entretien exclusif de l'ancien opposant à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, juste avant son incarcération.
Il assurait fin 2020 qu'il y avait "d'autres personnes prêtes à [le] remplacer" s'il mourait.
Le militant est mort en prison il y a quelques jours, après trois ans derrière les barreaux russes.

Les derniers mots d'homme libre d'Alexeï Navalny, prononcés lors d'un échange filmé avec le député Jacques Maire en décembre 2020, résonnent forcément à l'orée de l'actualité des dernières semaines. Cet entretien, révélé en exclusivité mercredi par LCI et Libération, permet de comprendre l'état d'esprit de l'opposant russe à Vladimir Poutine, un mois avant son arrestation, puis son incarcération, à son retour en Russie. Au moment où il accorde cette interview, il vient de passer plusieurs mois en convalescence dans la capitale allemande, après avoir subi une tentative d'empoisonnement.

"Vladimir Poutine m'a surnommé 'le patient de Berlin' et dit que j'étais insignifiant, rappelait alors le militant. Il disait  : pourquoi on l'empoisonnerait ? Qui est-il pour l'empoisonner ? Ce sont ses mots exacts. Mais si je suis insignifiant, pourquoi m'ont-ils suivi pendant quatre ans ?" Selon lui, son cas est avant tout le symbole d'une opposition russe dont la parole est destinée à rester cadenassée. "Bien sûr, je sais qu'il ne s'agit pas de moi, mais de l'idéologie des gens que j'essaie de représenter, assurait l'activiste. Il y a des millions de personnes qui ne peuvent pas vivre dans un pays où tout le pouvoir est entre les mains d'un seul homme."

Décédé en prison mi-février, Alexeï Navalny semblait déjà en 2020 avoir discuté de cette hypothèse avec ses partisans. "S'ils (le pouvoir russe, NDLR) me tuaient, ça ne changerait rien, car il y a d'autres personnes prêtes à me remplacer, soulignait-il face au parlementaire. Mais il y a quelque chose de personnel avec Poutine, avec sa façon étrange de ne jamais prononcer mon nom."


T.A.

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