Gazoducs Nord Stream : fuites inexpliquées en mer Baltique

Fuites sur les gazoducs Nord Stream : "C'est un attentat et c'est un État"

Y.R.
Publié le 28 septembre 2022 à 10h05
JT Perso

Source : TF1 Info

Les gazoducs Nord Stream 1 et 2, reliant la Russie à l'Allemagne, ont été touchés par des fuites inexpliquées en mer Baltique.
La thèse de l'accident est écartée, les dirigeants européens privilégiant un "acte de sabotage", que la Russie dément avoir perpétré.
Pour le général Michel Yakovleff, invité de LCI, "l'hypothèse la plus logique" est que la Russie a agi "à titre de démonstration".

Fuites accidentelles ou sabotage ? Hors service à cause de la guerre en Ukraine, les gazoducs Nord Stream 1 et 2, reliant la Russie à l'Allemagne sous la mer Baltique, ont été tous deux touchés par des fuites précédées d'explosions sous-marines. Les trois grandes fuites, identifiées lundi 26 septembre au large de l'île danoise de Bornholm, entre le sud de la Suède et la Pologne, sont visibles à la surface avec de spectaculaires et inquiétants bouillonnements allant "d'environ 200 mètres" jusqu'à "un bon kilomètre de diamètre", a annoncé dans un communiqué l'armée danoise, photos et vidéos à l'appui. 

"L'avis clair des autorités est qu'il s'agit d'actes délibérés. On ne parle pas d'un accident", a réagi la Première ministre danoise Mette Frederiksen. Le mot "sabotage" a par ailleurs été lâché par son homologue suédoise Magdalena Andersson. "Des détonations ont eu lieu et il s'agit probablement de sabotage", a-t-elle estimé. Des soupçons partagés par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui a affirmé avoir parlé de cet "acte de sabotage" avec la dirigeante danoise.

Ça suppose des moyens que peu d'États ont en mer Baltique

Le général Michel Yakovleff, ancien vice-chef d'état-major du Shape

"Le consensus des experts, et je n'en fais pas partie dans ce domaine, est qu'il s'agit d'une action d'État à partir de sous-marins, puisqu'on n'a rien vu en surface. On n'a pas vu un bâtiment commercial avec des câbles et un engin téléopéré. Ça suppose des moyens que peu d'États ont, que peu d'États ont en Baltique, donc le consensus auquel je me rallie est que c'est un attentat et c'est un État", a indiqué le général Michel Yakovleff, ancien vice-chef d'état-major au Shape, le commandement suprême interallié de l'Otan, invité d'Adrien Gindre sur LCI, mercredi 28 septembre. "Il y en a un certain nombre d'opérateurs privés capables de faire ça, mais ils le font à partir de la surface, de bâtiment de surface (...) alors que là, on n'a rien vu", a-t-il répété. "Il n'y a pas d'entreprise terroriste ou commerciale aujourd'hui qui soit propriétaire de sous-marin."

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Si, pour l'heure, rien ne permet d'affirmer que la Russie est responsable, qui a démenti être impliquée, les regards se tournent malgré tout vers Moscou. Peut-on avoir affaire à un acte de terreur russe ? "Je suis complètement dans la conjecture et la supputation. L'hypothèse la plus logique est que ce sont les Russes qui l'ont fait à titre de démonstration", a-t-il avancé. "Je veux dire qu'ils l'ont fait sur leurs propres gazoducs qui ne servent à rien. À la limite, ils peuvent dire qu'il n'y a pas grief, puisqu'ils attaquent leurs propres infrastructures. Mais ils montrent qu'ils peuvent le faire à n'importe qui et n'importe où."

Selon le général Michel Yakovleff, "ce qui inquiète beaucoup plus le monde occidental, ce sont les câbles sous-marins" par lesquels transitent les flux de données d'un continent à l'autre. "Les satellite sont marginaux", a-t-il ajouté, insistant sur le fait que "98% de la data mondiale transite par ces câbles, beaucoup plus faciles à cisailler qu'un gazoduc, soit dit en passant." 


Y.R.

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