Poutine décrète la "mobilisation partielle" : début de contestation en Russie ?

VIDÉO - "Je retrouve la liberté" : la ruée aux frontières des Russes fuyant la guerre

Mathilde Joris | Reportage Esther Lefebvre, Pauline Lormant
Publié le 25 septembre 2022 à 13h01
JT Perso

Source : JT 13h WE

L’appel à la mobilisation partielle pousse certains Russes à l’exil.
Des milliers de personnes se pressent à la frontière avec la Géorgie.
Une équipe du 13H de TF1 s’est rendue sur place.

Ils encourent jusqu’à 10 ans de prison. Pourtant, des milliers de Russes continuent de fuir le pays après l’appel à la mobilisation partielle des hommes en âge de combattre sur le front ukrainien. Vladimir Poutine a annoncé le recrutement de "réservistes militaires", soit 300.000 soldats officiellement, mais ce tournant dans l’offensive russe en Ukraine suscite les craintes en Russie. 

Vols complets au départ de Moscou, interminables files d’attente sur les routes… L'allocution du président russe a provoqué le départ précipité d'une partie de la population, des hommes aptes au combat mais refusant de prendre les armes, ainsi que des familles épuisées. Une équipe du 13H de TF1 s'est rendue au seul poste-frontière entre la Russie et la Géorgie.

Russie, la fuite pour éviter la guerreSource : JT 13h Semaine
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Des milliers de Russes se précipitent vers la Géorgie, des kilomètres de voitures à l'arrêt

Petit pays du Caucase, cette ancienne république soviétique n'exige pas de visa pour les ressortissants russes. Cet unique point de passage est toujours ouvert, mais d'aucuns craignent que les frontières ne finissent pas fermer. La circulation est tellement bouchonnée que des voitures sont à l'arrêt sur des kilomètres. Certains n'ont qu'un simple sac, d'autres les mains vides.

Alors que Vladimir Poutine a promis des sanctions aux déserteurs, les témoignages recueillis sur place traduisent une certaine crainte de s'exprimer à visage découvert. Plusieurs Russes en transit vers la Géorgie ont refusé de répondre à nos questions. "On est très fatigués, on a marché 20 km à pied", raconte toutefois un père avec sa famille et ses enfants, dans la vidéo en tête de cet article. 

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De l'autre côté de la frontière, les Russes en exil doivent patienter pendant des heures. Mikhaïl a pu passer les contrôles sans encombre. "Je retrouve la liberté, j'ai l'impression de sortir de prison", reconnaît le jeune homme de 28 ans devant notre caméra. S'il n'est pas mobilisé par l'armée russe, cet ingénieur en mécanique craint que ce ne soit "qu'une question de temps". "J'ai une copine en Russie (…) et je ne peux pas travailler ici. Ma vie est foutue", ajoute-t-il dépité. 

La Géorgie n'est pas le seul pays refuge des Russes. Les vols vers Erevan en Arménie et Istanbul en Turquie sont pris d'assaut. Pays limitrophes, le Kazakhstan et la Finlande sont également des destinations privilégiées. De son côté, l'Allemagne s'est dite prête à accueillir les Russes ayant déserté, tandis que les pays baltes font bloc pour s'y opposer.  


Mathilde Joris | Reportage Esther Lefebvre, Pauline Lormant

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