Le gruyère affiné en Suisse et en France bénéficie d'une appellation géographique protégée. Aux États-Unis, la justice vient d'autoriser les producteurs américains à fabriquer un formage portant le même nom. Dans les Alpes, la décision ne passe pas.

Le mot gruyère est prononcé dans une publicité américaine pour un fromage fabriqué aux États-Unis. En Suisse, c'est un sacrilège. Dans le village éponyme, les habitants n'entendent pas être dépossédés de cette appellation. Sur place, Philippe Bardet et ses équipe produisent 500 tonnes de fromage local chaque année. Ils élaborent du gruyère selon les cahiers des charges. Il ne comprend pas pourquoi un juge fédéral américain en a décidé autrement. Ainsi, le gruyère n'est plus réservé aux meules provenant de Suisse et de France, mais peut être utilisé par tous les producteurs.

C'est un terme usurpé selon le directeur interprofession du gruyère Suisse. En effet, Philippe Bardet estime que le consommateur s'attend à quelque chose quand il achète un produit qui porte un nom. Dans le cas du gruyère, c'est le fameux goût. C'est aussi l'histoire qu'il y a derrière. Ce client va se retrouver face à un produit qui porte le même nom mais qui n'a aucune liaison, si ce n'est que c'est un fromage.

Les conditions sont strictes pour la production de gruyère. Il faut par exemple quatre mois d'affinage minimum et des vaches nourries à l'herbe et au foin. Pour Luc Chabert, directeur général de la fromagerie Chabert à Vallières-sur-Fier (Haute-Savoie), le patrimoine gastronomique ne doit pas être mis en cause. Un recours des professionnels de la filière a été déposé auprès de la justice américaine, mais cela peut durer plusieurs années.


T F1 | Reportage Y. Matisse, F. Marchand

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