Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

REPORTAGE - Marioupol : malgré les bombardements de l'armée russe, les combats urbains font rage

Maxence GEVIN | Reportage TF1 Liseron Boudoul
Publié le 8 avril 2022 à 12h03
JT Perso

Source : TF1 Info

Malgré des bombardements d'une violence inouïe et d'importants moyens déployés, l'armée russe ne parvient toujours pas à briser la résistance de Marioupol.
Immersion dans cette ville portuaire stratégique du sud de l'Ukraine, où les combats urbains font rage.

Un champ de ruines... qui résiste encore. Rasée à près de 90% selon les estimations, Marioupol résiste toujours à l'armée russe. Totalement encerclés, matraqués par les frappes d'artillerie et les bombardements aériens, quelques milliers de soldats ukrainiens continuent de s'opposer à la volonté de Moscou. Malgré tout, les combats se rapprochent du centre-ville. Entre les immeubles, des rafales de mitrailleuses raisonnent à intervalles réguliers. 

On va reprendre la zone. C’est une question de temps

Un soldat des milices pro-russes

Les derniers bataillons ukrainiens se sont retranchés dans un immense complexe métallurgique. "Il peut y avoir des snipers ukrainiens donc on se protège avant de traverser la rue", témoigne Liseron Boudoul, envoyée spéciale de TF1 sur place et qui suit la progression de miliciens pro-russes. "Avec les forces russes, nous frappons les positions des Ukrainiens à l’intérieur. Ils se sont bunkérisés dedans. Avec de grandes quantités d’armes et de munitions, on va reprendre la zone. C’est une question de temps", affirme l'un d'entre eux, optimiste. 

Oui, mais voilà, pour l'heure, le drapeau ukrainien flotte toujours sur Azovstal, le site industriel. Sur des images de drone, tournées mercredi par TF1 durant une accalmie, on voit l’étendue de l’usine. 8 kilomètres carrés truffés de tunnels, d’abris souterrains. Une véritable forteresse. 

Une véritable guerre de tranchées urbaine

Tout autour, dans chaque rue de cette cité portuaire du sud-est de l'Ukraine assiégée depuis fin février, et où 100.000 civils seraient toujours piégés, les deux camps se livrent à une guérilla urbaine féroce. "Ça tire tout le temps et ils tirent sans faire attention à nous les civils. Les deux camps se combattent au sol, au contact", témoigne un habitant dans l'un des reportages réalisés par TF1. Les Russes sont aidés par des milices tchétchènes. À un carrefour, les équipes de TF1 rencontrent un groupe originaire de Grozny. "Bientôt tout va être sous contrôle. On est très nombreux", s'enflamme le soldat. "Si j’en reçois l’ordre, je mourrai ici pour accomplir ma mission jusqu’au bout", ajoute-t-il avec conviction. 

Alors que le Kremlin a ordonné à ses troupes de quitter certaines régions de l'Ukraine, l'Est du pays se retrouve, lui, plus que jamais sous pression. Les Occidentaux s'accordent à dire qu'une nouvelle offensive d'envergure se prépare sur les régions de LouGansk et du Donbass. Les Ukrainiens y ont rassemblé leurs troupes les plus aguerries et leurs blindés. 

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Malgré tout, les prochains jours sont peut-être la dernière chance pour partir, lorsque cela est possible. "Toutes les villes libres de la région de Lougansk sont sous le feu ennemi" et les forces russes sont "en train de couper toutes les voies possibles de sortie", a mis en garde le gouverneur, Serguiï Gaïdaï, sur les réseaux sociaux.


Maxence GEVIN | Reportage TF1 Liseron Boudoul

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