Alors que l'armée russe revendique quotidiennement des avancées dans l'est de l'Ukraine, Kharkiv vit au rythme effréné des bombardements depuis fin mars.
Face au risque d'un éventuel assaut, le génie militaire la fortifie avec des kilomètres de tranchées.
Une équipe de LCI est partie à la découverte de ce dédale terreux, creusé stratégiquement.

"Les Russes doivent voir qu'on est prêt à se défendre." Début avril, à une date non précisée, Volodymyr Zelensky s'est rendu en personne sur des lignes de défense fraîchement piochées dans la région de Kharkiv, à proximité immédiate de la ligne de front, où l'armée russe ne laisse aucun répit aux troupes ukrainiennes. Visitant des positions en train d'être établies sur la zone frontalière de la Russie, il y a souligné la nécessité "que (son) peuple sache que l'Ukraine est préparée si l'ennemi attaque", insistant sur l'utilité que Moscou "voit que Kharkiv se renforce"

Une bunkérisation à haute échelle qu'une équipe de LCI a pu constater d'elle-même. Plusieurs dizaines d'hommes du génie militaire œuvrent depuis un mois sur "les fortifications de Kharkiv". Des kilomètres de tranchées ont été creusés à trois heures et demi de route de la deuxième plus grande ville d'Ukraine. Leur emplacement a été pensé, réfléchi et réalisé stratégiquement. "Là c'est un marais difficile à franchir pour l'ennemi, avec une rivière. C'est compliqué et ils ne passeront pas par la route car on pourra leur tirer dessus", explique Yuri, membre du bataillon du génie.

À six kilomètres de la frontière russe, les autorités locales craignent une offensive majeure sur un terrain vallonné, dominé par une colline, où peuvent passer les troupes russes pour attaquer. L'objectif principal de ces constructions, façonnées à l'aide de marteaux-piqueurs pour labourer la terre en plein hiver, est d'anticiper une éventuelle invasion, et le cas échéant de pouvoir la repousser. "La hauteur est très importante. C'est très difficile de l'atteindre, c'est pour cela qu'on a choisi cette position", affirme Yuri.

Ces fortifications doivent aussi servir de refuge pour les soldats ukrainiens en première ligne. Dans ces abris, ils pourront se protéger de l'artillerie, de l'aviation et des drones russes. "En cas d'attaques avec des bombes à sous munitions, ils peuvent se cacher ici", affirme Oleg, un autre pionner du génie. "Ici on va mettre des lits pour qu'ils puissent se reposer, là on va mettre un poêle afin de réchauffer la pièce s'il fait froid", nous montre-t-il. Un confort spartiate qu'apprécieront malgré tout les hommes du front.


Y.R. | Reportage : Marianne KOTTENHOFF, Marine TRUCHOT et Eugène LOVSKY

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