Moscou pourrait faire appel à son T14 Armata pour contrer les chars occidentaux.
Les relais du Kremlin ne cessent de faire la promotion de ce char dernier cri.
Mais sur le terrain, ces engins ne devraient pas être massivement déployés.

Que le dossier soit déjà clos ou qu'il soit en cours de discussion, il ne fait plus aucun doute que pour contrer une éventuelle offensive russe de grande ampleur au printemps, l'Ukraine pourra compter sur les chars occidentaux. Mais face à eux, Moscou pourrait bien aligner ces chars dernier cri, les T14 Armata, à découvrir dans la chronique de LCI visible en tête de cet article. Présentés chaque année depuis 2015 lors des défilés militaires russes, ils n'ont à ce jour jamais été déployés en Ukraine. Alors, opération communication ou déploiement massif face à l'armée de Kiev ?

Un adversaire redoutable

Après l'Allemagne qui envisage de donner son feu vert et le Royaume-Uni qui a d'ores et déjà annoncé la livraison de 14 chars lourds Challenger 2, les États-Unis pourraient, eux aussi, réaliser des livraisons de chars d'assaut Abrams M1. Une "nouvelle provocation flagrante" pour Moscou, qui compte bien répliquer. Depuis plusieurs semaines, la Russie évoque un déploiement de son T14 Armata. Véritable fierté de l'armée russe, il dispose d'un ensemble d'innovations intéressantes. Avec son blindage plus léger, sa tourelle électronique télécommandée et l'utilisation de l'intelligence artificielle pour corriger des erreurs de ciblage, le véhicule promet des performances de mobilité et de forces de frappes qui en fait une perle technologique pour Moscou. Et un adversaire redoutable pour les chars occidentaux. 

Or, une image publiée par les renseignements britanniques montre que le véhicule blindé pourrait bien être envoyé en Ukraine. Prise par satellite, elle montre la présence de deux T14 Armata dans un camp d'entrainement du sud de la Russie, connu pour préparer les unités militaires avant leur déploiement sur le front. Mais de combien de chars dispose l'armée russe ? Et sont-ils prêts au combat ? Les renseignements britanniques en doutent. Car selon leurs informations, la Russie considère déployer uniquement un "petit nombre" de ces blindés, tant leur production est encore limitée. "Après onze ans de développement, le programme a été marqué par des retards, une réduction de la taille de la flotte prévue et des rapports sur des problèmes de fabrication", soulignait le ministère de la Défense britannique le 19 décembre dernier. Par ailleurs, au cours des derniers mois, "les forces russes déployées se sont montrées réticentes à l'idée d'utiliser" ces engins, "car ils étaient en très mauvais état", précisent les renseignements ce mercredi.

Les commandants russes ne devraient donc pas trop miser sur ce véhicule au combat. S'il est déployé, il s'agira vraisemblablement plus d'une initiative "à des fins de propagande". D'ailleurs, celle-ci a déjà commencé. Le 25 décembre, Vladimir Soloviev partageait à ses 1,3 million d'abonnés sur Telegram une vidéo faisant la promotion du véhicule, accompagné de la légende "l'Armata se dirige vers l'ouest". Le soir même, le propagandiste en chef du Kremlin accordait un reportage entier à ce véhicule dans son émission du samedi soir, sur Rossiya 1.


Felicia SIDERIS

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