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Billets d'avion : les prix vont-ils s'envoler avec la flambée du kérosène et la fermeture du ciel russe ?

M.D | Reportage TF1 Pierre Gallacio et Bertrand Lachat
Publié le 15 mars 2022 à 16h22
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Tandis qu'avec l'invasion russe, le prix des hydrocarbures atteint des sommets, le survol de la Russie est interdit aux compagnies se rendant en Asie.
Quelles conséquences sur la durée des vols et le prix des billets d'avion ?

Changements de cap, en cascade, dans le ciel européen. Avec l'interdiction du survol de la Russie, les avions au départ de l'Europe doivent désormais emprunter un nouvel itinéraire pour rejoindre les pays d’Asie. En temps normal, Air France-KLM, comme les autres, suit une route invisible au-dessus de la Russie, plus exactement la Sibérie, pour rallier le Japon. Dorénavant, pas d'autre choix que d’emprunter un autre parcours, en survolant la Turquie et le Kazakhstan. Conséquence, pour un vol Paris-Tokyo par exemple, comptez environ deux heures de trajet en plus. Or qui dit plus longue distance dit plus de kérosène : environ 10.000 euros pour un tel supplément de trajet selon les experts.

Capture TF1

Dans le même temps, avec l'invasion russe de l'Ukraine, le prix des hydrocarbures atteint des sommets historiques. Le kérosène s'échangeait la semaine dernière à environ 150 dollars le baril, en hausse d'environ 30% sur un mois et de 100% en un an, selon l'indice de référence Platts de l'agence S&P. "Les pressions haussières sur les prix vont continuer, surtout si le secteur énergétique russe subit des sanctions plus dures", s'inquiétait lundi dernier l'Association du transport aérien international (Iata), porte-voix des compagnies. Déjà en temps normal, les dépenses en carburant représentent entre 20 et 30% des coûts pour une compagnie.

Un "renchérissement pour la fin de l’année"

Pour se prémunir contre les évolutions brutales des cours du pétrole, la plupart des grandes compagnies ont mis en place un système contractuel leur assurant un prix fixe sur une partie de leur kérosène, ce qu'on appelle la "couverture" (ou "hedging" en anglais).  "On va plutôt retrouver les répercussions dans quelques mois, une fois que les compagnies aériennes auront été obligées d'utiliser les barils achetés avec les cours actuels", estimait la semaine dernière Paul Chiambaretto, spécialiste du secteur aérien, auprès de l'AFP.

Pour autant, en ce qui concerne les vols vers l'Asie, le détour de quelques milliers de miles pour contourner le territoire russe va représenter un coût supplémentaire pour les compagnies, d'où la crainte de voir le tarif des billets flamber à l'arrivée. Pour l'instant, le prix des vols n'a pas augmenté mais cela ne devrait pas durer, estime Caroline Bruneau, journaliste au magazine Aerospatium, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. À entendre cette spécialiste, les prix devraient rester les mêmes cet été, "car les réservations ont déjà été lancées par les compagnies". Mais, selon elle, il faut s'attendre à un "renchérissement pour la fin de l’année". Et pas uniquement au départ de l'Europe.

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 À l'autre bout du monde, en Asie, les compagnies doivent elles aussi adapter en permanence leurs itinéraires, en tenant compte des tensions géopolitiques. À titre d'exemple, pour rallier Londres, les avions de la Japan Airlines partent désormais en sens inverse et survolent le Groenland. 

Un seul mot d'ordre, la sécurité avant tout. Et pour cause : en 2014, lors de la guerre du Donbass, un Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines, reliant Amsterdam à Kuala Lumpur, avait été abattu par un tir de missile alors qu'il survolait l'Ukraine, ne laissant aucun survivant parmi les 283 passagers et les 15 membres d'équipage à son bord. L'enquête a permis de démontrer que le projectile, de type BUK, avait été tiré depuis un territoire contrôlé à l'époque par des séparatistes prorusses. Aujourd'hui, chacun espère qu'un tel drame ne se répètera pas.


M.D | Reportage TF1 Pierre Gallacio et Bertrand Lachat

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