Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : "Marioupol est devenu un film d’horreur"

La rédaction de TF1info | Reportage vidéo David de Araujo, Mathilde Verron et Manon Debut
Publié le 8 mars 2022 à 16h31
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Dans cette ville portuaire du Sud-Est de l'Ukraine, l'armée russe bombarde jour et nuit sans distinction entre civils et militaires.
La population, calfeutrée dans des abris de fortune, manque de tout.
Pour les proches sans nouvelles, l'inquiétude monte.

Sous le feu de bombardements incessants, quelque 200.000 habitants sont toujours pris au piège dans la ville ukrainienne de Marioupol. Cela fait plusieurs jours que l'armée russe assiège cette cité portuaire, située dans le Sud-Est de l'Ukraine. Ces derniers jours, les tentatives pour faire évacuer la population ont échoué à deux reprises, Kiev et Moscou se rejetant mutuellement la responsabilité de ces échecs. Dans cette zone, les images sont rares et les témoignages tout autant. 

Pour Nadiia et son mari, qui habitent en Autriche et donc sans nouvelles de leurs proches, l'angoisse est permanente. Le couple de trentenaires n'a plus reçu aucun signe de vie de leurs familles depuis 48 heures. "Mon frère est avec ses deux enfants. Ils ont un an et demi et sept ans. Il est avec sa femme et sa belle-mère. Ils se cachent dans un immeuble", raconte, inquiète, la jeune femme, contactée en visio par une équipe de TF1.

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À Marioupol, toutes les communications, internet comme téléphone, sont totalement coupées. Et dans les abris, les civils n'ont bien souvent plus accès ni à l'électricité ni à l'eau ni à la nourriture. Une situation alarmante qui fait aujourd'hui craindre le pire. "C'est vraiment difficile, se désespère Nadia. Nous prions tous les jours. On espère qu'on pourra à nouveau entendre leurs voix." Les Russes bombardent jour et nuit la ville. Aucune rue, aucun bâtiment n’est épargné. Et aucune distinction ne semble être faite entre cibles civiles et militaires.

Il y a peut-être un immeuble sur trois ou quatre qui est détruit

Diana, une habitante qui a fui la ville de Marioupol

Quelques rares habitants sont parvenus à s'échapper, à l'instar de Diana et son mari qui conduisent non-stop depuis deux jours pour quitter cet enfer. "Marioupol est devenu un film d'horreur", se lamente la jeune femme, qui témoigne par téléphone depuis son véhicule. "Il y a peut-être un immeuble sur trois ou sur quatre qui est détruit", ajoute-t-elle, sous le choc.

Sur la route pour rejoindre le centre de l'Ukraine, le couple a notamment traversé la ville de Zaporijia, où une centrale nucléaire, la plus grande d'Europe, est tombée entre les mains de l'armée russe. Dans un message vidéo, un employé indique que le personnel de la centrale est retenu "en otages" mais que pour l'instant "il n'y a pas de tirs". Comme à Marioupol, les habitants rencontrent déjà des problèmes d'approvisionnement en nourriture.


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo David de Araujo, Mathilde Verron et Manon Debut

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