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"Ne croyez pas la propagande" : une employée interrompt le JT le plus regardé de Russie

Emilie Roussey avec AFP
Publié le 14 mars 2022 à 23h08
JT Perso

Source : TF1 Info

Une employée de la chaîne de télévision a interrompu le JT en passant derrière la présentatrice avec une pancarte "Non à la guerre".
Une enquête interne a été ouverte et la jeune femme a été arrêtée.
De nombreux internautes ont salué le "courage" de cette femme.

C'est une scène rarissime qui s'est produite lundi soir en Russie, où l'information est strictement contrôlée. Munie d'une pancarte "Non à la guerre. Ne croyez pas à la propagande. On vous ment, ici", une femme a fait irruption pendant le journal télévisé le plus regardé du pays.

Imperturbable, la célèbre présentatrice Ekaterina Andreïeva a continué de parler quelques secondes pendant que la protestataire scandait "non à la guerre", puis la chaîne a précipité la diffusion d'un reportage sur les hôpitaux, mettant fin au direct sur le plateau.

Une employée de la chaîne de télévision arrêtée

"Une enquête interne est en train d'être menée" sur cet "incident", a laconiquement déclaré la chaîne de télévision Pervy Kanal dans un communiqué. Selon l'agence de presse Tass, la jeune femme pourrait être poursuivie pour avoir "discrédité l'utilisation des forces armées russes".

D'après l'ONG de défense des droits des manifestants OVD-Info, cette femme est Marina Ovsiannikova, une employée de la chaîne de télévision. Elle aurait été arrêtée et emmenée au commissariat. Dans une vidéo enregistrée préalablement et publiée par l'ONG, la jeune femme a expliqué que son père étant ukrainien et sa mère russe, elle n'arrive pas à voir les deux pays comme ennemis.

"J'ai honte d'avoir permis que des mensonges soient diffusés à la télévision"

"Malheureusement, j'ai travaillé pour Pervy Kanal ces dernières années, faisant de la propagande pour le Kremlin. J'en ai très honte aujourd'hui", a-t-elle dit. "J'ai honte d'avoir permis que des mensonges soient diffusés à la télévision, honte d'avoir permis que le peuple russe soit 'zombifié'", a-t-elle ajouté.

Sur les réseaux sociaux, la vidéo s'est propagée comme une traînée de poudre, de nombreux internautes saluant le "courage" de cette femme, dans un contexte de brutale répression contre toute forme de dissidence.

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Dans leur tentative de contrôler toute information au sujet du conflit, les autorités ont bloqué la plupart des médias encore indépendants, ainsi que les principaux réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook. La plupart des Russes n'ont donc accès qu'à la version des événements délivrée par le gouvernement et les médias dont Pervy Kanal, d'une "opération militaire spéciale" visant à "dénazifier" l'Ukraine et empêcher un "génocide".


Emilie Roussey avec AFP

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