Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Négociations Zelensky-Poutine, 10 millions de réfugiés ukrainiens... Le point sur la situation en Ukraine

Julien Vattaire avec AFP
Publié le 21 mars 2022 à 6h33
JT Perso

Source : JT 20h WE

Zelensky s'est dit convaincu dimanche que "sans négociations, on n'arrêtera pas la guerre".
Selon l'ONU, 10 millions d'Ukrainiens ont fui leur pays depuis le début du conflit.
Les faits marquants des dernières 24 heures.

Le conflit dans l'impasse. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé dimanche un nouvel "acte de terreur" après le bombardement d'une école de Marioupol et a dit vouloir négocier directement avec Vladimir Poutine, mais la Russie continuait son siège des villes ukrainiennes et annonçait avoir tiré un nouveau missile hypersonique. 

L'Ukraine rejette l'ultimatum russe de capituler à Marioupol. L'Ukraine ne "déposera pas les armes et ne quittera pas la ville" assiégée de Marioupol, a déclaré sa vice-Première ministre à un média ukrainien dans la nuit de dimanche à lundi, en réaction à l'ultimatum posé par la Russie. "Il n'est pas question de parler de reddition ou de déposer les armes. Nous en avons déjà informé la partie russe", a déclaré Iryna Verechtchouk au journal Ukrayinskaya Pravda. "C'est une manipulation délibérée et une véritable prise d'otage", a-t-elle ajouté à propos de la demande.

Négociations. Volodymyr Zelensky s'est dit "prêt à des négociations" avec Vladimir Poutine. "Je suis prêt depuis les deux dernières années et je pense que sans négociations, on n'arrêtera pas la guerre", a déclaré le président ukrainien dans un entretien diffusé par CNN. 

Lire aussi

L'Ukraine prête à discuter avec Poutine. "Depuis le premier jour, nous étions prêts à rencontrer et à discuter avec Vladimir Poutine", déclare sur LCI ce dimanche Iryna Vereschuk, vice-première ministre de l'Ukraine. "Nous n'avons pas de nazisme, nous respections l'utilisation de la langue russe dans notre État, nous avons la liberté d'expression. Tout ce que Poutine exige, nous l'avons déjà", a-t-elle souligné. "Le président Zelensky est prêt à se mettre à la table de la négociation et à présenter les arguments de la partie ukrainienne pour débattre avec Poutine."

Zelensky face au parlement israélien. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'est adressé ce dimanche au parlement israélien, la Knesset. Les appelants à "faire un choix" en soutenant l'Ukraine face à la Russie, Volodymyr Zelensky a fait le rapprochement entre la barbarie russe et la barbarie Nazie à laquelle les Juifs ont été confrontés lors de la seconde guerre mondiale. "Écoutons ce que dit le Kremlin : il utilise des termes qui ont résonné à l'époque lorsque la tragédie a balayé l'Europe, lorsque les Nazis voulaient tout réduire en cendres. Il utilise les mêmes mots pour la question ukrainienne cette fois-ci : la 'solution définitive', 'finale'. Je pense que vous vous en souvenez et que vous n'oublierez jamais ces mots", a-t-il fait valoir.

Mobilisation de la France. Au total, depuis la mise en place de la task force chargée de traquer les biens et avoir russes, Bruno Le Maire indique que c'est près d'un milliard d'euros, 850 millions d'euros, qui ont été immobilisés sur le territoire français. Ce dimanche, le patron de Bercy a évoqué le gel de 150 millions de comptes de particuliers dans des établissements français. Un demi-milliard d'euros de biens immobiliers (539 millions) correspondant à une trentaine de propriétés ou d'appartements et deux yachts d'une valeur de 150 millions d'euros ont également été pris dans les mailles des enquêteurs et d'agents de la "task force". 

Front figé

Un dimanche d'accalmie. "Le front est pratiquement figé", il n'y a "pratiquement pas eu de tirs de missiles sur les villes", et "l'aviation russe n'est quasiment pas active", il y a juste des "actions tactiques" des deux camps, a déclaré lors d'un briefing 

à la mi-journée Oleksiy Arestovitch, conseiller de la présidence ukrainienne.

Destructions. Le ministère russe de la Défense a indiqué avoir détruit dans la région de Mykolaïv, au sud de l'Ukraine, une réserve de carburant frappée "par des missiles de croisière depuis la mer Caspienne, ainsi que par des missiles balistiques hypersoniques depuis l'espace aérien de la Crimée". À Kiev, la capitale, un obus a explosé dimanche juste devant un immeuble 

d'habitation, blessant au moins cinq personnes, dont deux ont été hospitalisées, a annoncé le maire Vitali Klitschko. De plus, trois personnes ont par ailleurs été blessées dimanche selon les services d'urgence dans une frappe aérienne dans la région de Jytomyr. 

Bombardements. Une école d'art située à Marioupol a été détruite par des frappes russes alors que 400 personnes (femmes, enfants et personnes âgées) y étaient réfugiées, selon les autorités locales. "Nous savons que le bâtiment a été détruit et que des gens pacifiques sont toujours sous les décombres. Le bilan concernant le nombre de victimes est en train d'être clarifié", a indiqué la municipalité sur Telegram. Zelensky a dénoncé un nouveau "crime de guerre", ajoutant que c'est "un acte de terreur dont on se souviendra même au siècle prochain". 

Bilan.  Selon les militaires ukrainiens, les troupes russes ont effectué 291 frappes de missiles et 1.403 raids aériens depuis le début de l'invasion le 24 février. De plus, selon le président Zelensky, plus de 14.000 soldats russes ont péri depuis le début de 

l'invasion. De son côté, la Russie avance le chiffre de 500 morts. 

Sur le front humanitaire

Fuite des Ukrainiens. Selon l'ONU, la guerre en Ukraine a entraîné le départ de 10 millions d'Ukrainiens, soit un quart de la populaire qui a décidé de quitter leur domicile pour fuir les combats. "La guerre en Ukraine est si dévastatrice que dix millions de personnes ont fui, soit déplacées à l'intérieur du pays, soit réfugiées à l'étranger", a déclaré le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

Situation humanitaire dramatique. La situation humanitaire à Marioupol, comme dans plusieurs autres villes 

assiégées, est dramatique. Des familles ont raconté les cadavres gisant plusieurs jours dans les rues, la faim, la soif et le froid mordant des nuits passées dans des caves avec des températures inférieures à zéro. Dans le nord du pays, le maire de Tchernihiv, Vladislav Atroshenko, a dépeint une "catastrophe humanitaire absolue" dans sa ville, évoquant l'absence "d'électricité, de chauffage et d'eau" et "l'infrastructure de la ville" complètement détruite. Selon le ministère ukrainien de l'Énergie, cité par le journal The Kiev Independant, un million d'Ukrainiens se trouvent actuellement privés d'électricité.

Marioupol, le nouveau Guernica ? Le consul général de Grèce à Marioupol Manolis Androulakis, qui a atterri ce dimanche à Athènes,  a comparé la ville ukrainienne assiégée par l'armée russe à Guernica ou encore Alep. "Marioupol fera partie de la liste des villes dans le monde qui ont été complètement détruites par la guerre, comme Guernica, Stalingrad, Grozny, Alep...", a déclaré Manolis Androulakis à des journalistes à l'aéroport.

Des jeunes évacués. Des enfants, pour la plupart orphelins, qui étaient bloqués dans un sanatorium de Marioupol, un port ukrainien assiégé par les forces russes, ont été évacués vers une des deux capitales des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, ont déclaré ce dimanche leurs proches à l'AFP. Au total, ils étaient 19 enfants et adolescents, âgés de quatre à 17 ans, qui ont vécu pendant environ deux semaines dans les sous-sols gelés de ce sanatorium, spécialisé le traitement des maladies pulmonaires.


Julien Vattaire avec AFP

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info