Invasion russe en Ukraine : Poutine refuse de céder

Guerre en Ukraine : la méthode Poutine, une stratégie de la terreur

Virginie Fauroux - TF1 | Reportage Ignacio Bornacin, Manon Debut et Bruno Chastagner
Publié le 11 mars 2022 à 20h07, mis à jour le 11 mars 2022 à 23h51
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Source : JT 20h WE

Nombre des tactiques utilisées par Moscou en Ukraine ont été expérimentées en Syrie.
En 2016, à Alep, Vladimir Poutine avait aussi choisi le règne de la peur et la fuite massive des civils, avant d'attaquer patiemment la ville.

Six ans séparent la guerre menée en Syrie par l'armée russe à l'offensive lancée en Ukraine par Vladimir Poutine. Et pourtant, dans les deux cas, les tactiques de guerre sont les mêmes : assaut contre des villes clés et bombardement de quartiers résidentiels. Tout comme elle l'a fait en Syrie, la Russie emploie en Ukraine la stratégie de la terreur, comme à Marioupol où les habitants n'ont plus rien. "Nous n'avons plus d'électricité, nous n'avons plus rien à manger, nous n'avons pas de médicaments", se lamente une habitante de Marioupol, dans la vidéo du JT de 20H en tête de cet article. 

Provoquer la fuite des civils

Bombarder des hôpitaux, des écoles, des résidences... L'objectif de Vladimir Poutine, en Syrie ou en Ukraine, est de provoquer la fuite des civils, tout en voulant se donner une bonne image. Ainsi, dans chacune de ces guerres, la Russie a accepté la mise en place de "couloirs humanitaires" - qu'elle assure être sûrs - pour évacuer les civils des villes bombardées. Une stratégie également testée en Syrie, et qui s'est souvent soldée par des morts et des blessés. 

Pour le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire auprès de l'ONU, ce n'est effectivement qu'un leurre, un prétexte pour mieux préparer la prochaine attaque. "Elle provoque des couloirs humanitaires au départ pour sortir la population et elle considère que tout ce qui reste dans la ville, ce sont des gens qui résistent et donc on bombarde", explique-t-il. Autre avantage : c'est l'armée ukrainienne qui sécurise ces convois, laissant alors le champ libre aux troupes russes. 

Crimes de guerre et crise migratoire

Vladimir Poutine pense aussi aux conséquences à long terme et pas seulement sur le territoire qu'il a choisi d'attaquer. En seulement trois semaines, 2,5 millions d'Ukrainiens ont fui leur pays, tout comme ce fut le cas lors de la guerre en Syrie. Ce qui a provoqué une crise migratoire en Europe, rappelle la géopolitologue Carole Grimaud-Potter. "Il est certainement voulu par le Kremlin de déstabiliser les pays européens en recevant cet afflux massif de réfugiés ukrainiens. Nous voyons une similitude avec les réfugiés syriens qui ont provoqué en Europe une forte montée de nationalisme", analyse-t-elle. 

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Autre exemple saisissant, peu après le début de l'invasion en Ukraine, Human Rights Watch et Amnesty International ont accusé la Russie d'avoir utilisé des armes à sous-munitions contre un hôpital et une école à Kharkiv, des attaques pouvant constituer des crimes de guerre, selon ces ONG. Tout comme ce fut le cas en Syrie.


Virginie Fauroux - TF1 | Reportage Ignacio Bornacin, Manon Debut et Bruno Chastagner

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