La chute d'Azovstal à Marioupol, ville martyre de l'invasion russe

DOCUMENT - Ukraine : une équipe de TF1 a pu pénétrer dans l’usine Azovstal

M.D | Reportage Jérôme Garro et Michael Merle
Publié le 14 juin 2022 à 11h41, mis à jour le 14 juin 2022 à 11h46
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Les derniers soldats ukrainiens qui occupaient les lieux se sont rendus aux forces russes, fin mai.
Pour la première fois, des journalistes ont pu pénétrer dans l'usine sidérurgique, située à Marioupol.
Découvrez les images tournées par une équipe de TF1.

L’arrivée se fait sous escorte, nos journalistes encadrés par des soldats russes qui les amènent aux abords de Marioupol et jusqu’à l’ancienne aciérie d’Azovstal. Le vaste complexe industriel de 11.000 kilomètres carrés, pilonnés pendant plusieurs semaines par l’armée russe, a été transformé en champs de ruines. La zone n’a pas encore été totalement "nettoyée", la présence de mines limite donc nos déplacements. L’armée russe a convié les médias pour montrer ce symbole de la résistance ukrainienne, tombé aux mains des Russes il y a maintenant un mois.

Au moment du siège, c’est depuis ces abris en béton, bâtis sous l’Union soviétique, que les combattants ukrainiens ont mené, pendant 40 jours, une résistance héroïque. Avant de quitter les lieux, ils ont piégé les souterrains. "C’est un fil relié à un explosif", explique un soldat russe, en tirant sur un petit câble électrique de couleur verte. "Plusieurs portes comme celle-ci étaient piégées à notre arrivée. Vous voyez, il y a un signe qui interdit aux défenseurs de toucher à cette porte, poursuit-il, pointant du doigt une croix tracée à la craie blanche sur la porte. Si quelqu’un l’ouvrait, ça déclenchait la charge explosive."

Ce labyrinthe de tunnels et de couloirs s’enfonce sur sept niveaux, et descend jusqu’à 30 mètres de profondeur. C’est au plus profond de l’usine, à l'abri des bombes russes, que les combattants ukrainiens trouvaient un léger répit. Une vie souterraine dont les vestiges, encore visibles, témoignent de la promiscuité dans laquelle ces derniers ont vécu pendant près de six semaines. Au premier sous-sol, se trouve un dortoir de fortune avec une rangée de lits superposés. Sur une table, traînent de la vaisselle et une bouteille de liqueur à moitié entamée. Ici et là, des treillis militaires sont suspendus à des cintres. 

Regardez ce qui est écrit sur ces lance-missiles : 'États-Unis', 'Grande-Bretagne', 'Suède'…

Un militaire russe, faisant office de guide-accompagnateur

Au fond d'un couloir, une pièce était dédiée aux premiers soins. "C’était une sorte d’infirmerie improvisée. On a retrouvé beaucoup de médicaments. C’est là que les combattants blessés étaient amenés pour recevoir les premiers soins", explique le militaire russe. Dans une autre salle, des armes retrouvées sur place par l’armée russe ont été rassemblées. "Regardez ce qui est écrit sur ces lance-missiles : 'États-Unis', 'Grande-Bretagne', 'Suède'…", énumère le militaire. Car c’est justement l’un des objectifs de cette visite : montrer comment l’Occident équipe les soldats ukrainiens.

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De retour à la surface, un soldat fait le point sur la situation des prisonniers. "Parmi les gens capturés, il y avait des hommes qui apprenaient aux Ukrainiens à se servir des armes occidentales. On a retrouvé des personnes qui parlent parfaitement français. Je ne sais pas s’ils étaient de nationalité française mais, en tout cas, ils étaient francophones", explique-t-il. Quant aux prisonniers ukrainiens, leur sort reste inconnu. Près d’un millier d’entre eux auraient été envoyés en Russie. L’Ukraine, de son côté, négocie toujours leur libération.


M.D | Reportage Jérôme Garro et Michael Merle

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