Ukraine : neuf mois de guerre

VIDÉO - Coups, câble électrique : sur LCI, un ancien soldat ukrainien accuse des séparatistes pro-russes de l'avoir torturé

M.L
Publié le 24 septembre 2022 à 9h28
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Source : TF1 Info

Des enquêteurs de l'ONU ont estimé vendredi que Moscou avait commis un "nombre considérable" de crimes de guerre en Ukraine.
À Kozacha Lopan, près de Kharkiv, LCI a rencontré un ancien soldat ukrainien.
Il affirme avoir été torturé puis détenu un mois durant.

C'est dans l'enceinte de la gare de Kozacha Lopan, dans la région de Kharkiv, à l'est de l'Ukraine, que le calvaire aurait commencé pour Dmitry, un ancien soldat ukrainien. Le grand bâtiment blanc, aux moulures finement dessinées, affiche désormais des fenêtres brisées. Déserté, il a servi de base aux forces russes qui ont tenté de prendre le contrôle de la ville. "Les militaires m'ont amené ici, ils m'ont plaqué contre le mur", raconte l'homme en mimant la scène, les mains contre la façade de la gare, dans le reportage de LCI en tête de cet article. 

"L'un d'entre eux se tenait à côté de moi, il avait une matraque. Il m'a frappé dans le cou et je suis tombé au sol", témoigne cet ancien combattant du Donbass. En mars dernier, il a été dénoncé par une employée municipale, puis arrêté par des séparatistes pro-russes. Ils l'auraient alors conduit dans un immeuble, puis dans une salle pour l'interroger. Il mime à nouveau devant la caméra de LCI les violences qu'il dit avoir subies. Allongé par terre, sur le flanc, et les mains dans le dos, Dmitry décrit : "Ils ont baissé mon pantalon et mes sous-vêtements jusqu'ici", explique-t-il en pointant ses pieds. "Ils ont posé une pince sur mon pénis avec un câble électrique. Et là, ils ont commencé l'interrogatoire".

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Suivront des heures de torture, et un mois de détention dans un sous-sol à quelques kilomètres de là, selon l'ex-soldat. Sacha, un policier ukrainien, ouvre l'une de ces caves, que les autorités ukrainiennes considèrent comme des salles de torture. Dans des pièces délabrées, sans lumière, quelques couvertures sont étalées au sol. "C'est ici qu'ils détenaient les prisonniers", affirme-t-il. "Sur cette chaise, les occupants torturaient et interrogeaient les civils qui n'étaient pas d'accord avec eux", ajoute l'agent en pointant une chaise en bois, seule au milieu d'une pièce. Aujourd'hui, Dmitry tente de surmonter son traumatisme : il veut repartir au front pour combattre les forces russes

Une commission d'enquête de l'ONU ont accusé vendredi Moscou d'avoir commis un "nombre considérable" de crimes de guerre dans quatre régions ukrainiennes dans les premières semaines suivant l'invasion russe. Les enquêteurs ont évoqué notamment des bombardements russes sur des zones civiles, des exécutions, des actes de torture, des mauvais traitements ainsi que des violences sexuelles, après une investigation menée notamment dans la région de Kharkiv.


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