L'agence de presse russe Tass a annoncé la prochaine mise en service d'un véhicule ressemblant de près au Canon Caesar français, utilisé par l'Ukraine.
Doté d'un canon plus long mais d'une portée moindre, ce nouveau véhicule soulève plusieurs interrogations.
Des consultants en géopolitique invités de LCI, ont tenté de pondérer son arrivée et ses conséquences sur la suite du conflit.

Après avoir revendiqué la prise totale de Bakhmout, la Russie a annoncé le prochain déploiement d'un nouveau véhicule de guerre en Ukraine : le 2S43 Malva, l'équivalent russe du canon Caesar français. D'après l'agence de presse russe Tass, après avoir passé toute une batterie de tests, il devrait être livré aux troupes russes très prochainement. 

Long de 13 mètres, comportant 8 roues afin de supporter le poids de l'immense canon de sept mètres de long, le Malva est capable de tirer des obus de 152 mm avec une portée de 24,5 kilomètres, et ce, sept fois par minutes, contre des obus de 155 mm à 50 kilomètres et six fois par minutes pour le Caesar. "Si on veut comparer le système d'artillerie, c'est à peu près le même calibre à quelques millimètres près, mais le Canon Caesar tire deux fois plus loin. Cela fait une énorme différence", assure Matthieu Anquez, consultant en géopolitique et prospective, sur LCI, dans la vidéo visible en tête de cet article.

On ne renverse pas le cours du conflit avec quelques unités qui n'ont pas été sur le terrain
Matthieu Anquez, consultant en géopolitique

Véhicule mobile, qui dispose d'un long canon, le Malva possède de nombreuses similitudes avec son homologue français, le canon Caesar. Il est ainsi, lui aussi, en mesure de transporter un équipage de 5 hommes. Mais plus lourd, doté d'un canon plus long et d'un blindage plus important, le Malva apparaît comme un véhicule puissant capable de s'approcher des lignes de front. 

Une mauvaise nouvelle pour l'armée ukrainienne qui utilise le Canon Ceasar ? Invité sur LCI, Matthieu Anquez, consultant en géopolitique et prospective, se veut plus pondéré : "Le Malva me fait penser au char Armata : on les présente comme des armes miracles, (...) mais on ne renverse pas le cours du conflit avec quelques unités qui n'ont pas été sur le terrain."

Une analyse partagée par le général François Chauvancy, également consultant en géopolitique, qui soulève, lui aussi, plusieurs interrogations : "Combien il y en a pour commencer ? Et il y a une question qui n'a pas été abordée, c'est la précision de l'arme, on peut très bien avoir des armes qui tirent loin ou moins loin, la question est de savoir si les coups arrivent bien au but. Le Caesar est très précis, on ne sait pas si celui-là est très précis."

"Ensuite, pourquoi des roues plutôt que des chenilles ? C'est d'abord une question de mobilité (...) Sur un terrain comme l'Ukraine, et celui du terrain russe, les chenilles, il y a une certaine saison où on est content de les avoir", ajoute le militaire. Éléments de réponse dans quelques semaines, quand le Malva sera officiellement mis en service et déployé par l'armée russe en Ukraine. 


Pierre Antoine VALADE

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