Les réserves de carburants seront bientôt épuisées dans la bande de Gaza, a alerté le bureau des affaires humanitaires des Nations Unies dans la nuit de dimanche 22 à lundi 23 octobre.
Le gouvernement israélien, lui, refuse la livraison du précieux carburant, condamnant "les patients en soins intensifs à une mort certaine", selon les habitants sur place.

Dans la nuit noire, pour montrer la voie aux ambulances, la seule lumière est celle des téléphones portables. L’électricité est réservée aux hôpitaux, et depuis le début de la guerre début octobre, les lignes ont été coupées. À Gaza, l’alimentation électrique repose sur des générateurs qui fonctionnement à l’essence, mais elles commencent à manquer. "S’il n’y a plus d’essence, nous condamnons les patients en soin intensif à une mort certaine", affirme le docteur Nahed Abu Teima, directeur de Nasser Medical Complex dans l'enclave palestinienne. 

Soumis à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis que Le Hamas y a pris le pouvoir en 2007, la bande de Gaza est placée depuis le 9 octobre en état de "siège complet" par Israël. Les rares convois humanitaires à entrer dans Gaza transportent essentiellement de l’eau et des médicaments, mais pas de carburant. L’essence se fait très rare. Pour les ambulanciers, chaque goutte est précieuse : "Nous manquons de carburant, alors on prend l'essence et le diesel des ambulances endommagées pour alimenter celles qui fonctionnent encore", déplore Naseem Hassan, ambulancier dans l'enclave, en pointant du doigt un véhicule dont le pare-brise a volé en éclat. 

D'autant plus que l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens a annoncé ce mardi que sans carburant, elle serait contrainte de cesser toutes ses opérations dans la bande de Gaza ce mercredi soir. "Si nous n'obtenons pas de carburant de toute urgence, nous serons obligés d'arrêter nos opérations dans la bande de Gaza à partir de demain soir", a averti l'agence sur X (anciennement Twitter), au 18ᵉ jour de la guerre entre Israël et le Hamas dans l'enclave palestinienne. 

De son côté, le gouvernement israélien refuse que des camions livrent du carburant. Il accuse le Hamas d’avoir stocké de l’essence et de l’utiliser pour alimenter ses infrastructures aux dépens des hôpitaux. "Jusqu'à présent, le carburant n'a pas été autorisé à entrer" dans ce territoire, s'est indignée Tamara Alrifai, porte-parole de l'UNRWA (ONU pour les réfugiés palestiniens) lors d'un point presse. Elle explique qu'en temps normal, lorsque l'agence reçoit du carburant, elle l'achemine elle-même aux hôpitaux ou à l'Unicef, afin de s'assurer qu'il soit utilisé à des "fins humanitaires". "Nous sommes tenus de signaler tout mauvais usage" de ce carburant, a-t-elle insisté.

Les stations services sont quant à elles devenues des cibles. Dans le reportage en tête de cet article, l'une d'entre elles a été détruite dans un bombardement. "Les gens venaient ici pour boire de l'eau, charger leur téléphone, et prendre ce dont ils avaient besoin. C'était un endroit où les habitants se sentaient en sécurité", se souvient un passant interrogé par nos envoyés spéciaux. D’après les organisations humanitaires sur place, le compte à rebours est enclenché, et les réserves de carburant seront totalement vides d'ici à quelques jours. 

Le ministère de la Santé au gouvernement du Hamas a annoncé ce mercredi qu'au moins 6546 personnes avaient été tuées dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre dernier entre Israël et le mouvement islamiste palestinien. 


M.T | Reportage TF1 : Léa Merlier et Agnès Kiraly

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info