Derrière l'accord entre le Hamas et Israël, le récit de cinq semaines "terriblement éprouvantes" de négociations

par Felicia SIDERIS avec AFP
Publié le 22 novembre 2023 à 10h02, mis à jour le 22 novembre 2023 à 11h11

Source : TF1 Info

Le gouvernement israélien a donné son feu vert dans la nuit de mardi à mercredi à un accord pour la libération d'otages détenus par le Hamas.
Un accord qui met fin à cinq semaines de négociations, narrées par un haut responsable américain.
Récit de cinq semaines de suspens.

Le gouvernement israélien a non seulement interrompu un long suspens. Il a aussi mis fin à cinq semaines des plus éprouvantes. Car derrière l'accord approuvé ce mercredi 22 novembre par Israël se cache une "cellule" discrète dans laquelle des communications complexes ont impliqué des chefs d'État et des patrons de plusieurs services secrets. Récit de ces semaines d'intenses négociations, ponctuées d'avancées majeures et de coups d'arrêt.

Une "cellule" bien discrète

Ce mardi, un haut responsable américain cité par la presse a lui-même décrit ce long processus, "terriblement éprouvant", au cœur des discussions diplomatiques depuis le 7 octobre. Très vite après l'attaque sanglante, le Qatar aurait rapidement proposé sa médiation. S'il accueille le chef en exil du Hamas, l'émirat du Golfe entretient également de bonnes relations avec Washington. Une "cellule" est alors établie, en toute discrétion, pour y "travailler très prudemment", témoigne le haut responsable sous couvert d'anonymat. S'en suivront, pendant des semaines, des "contacts quotidiens, parfois heure par heure" entre Américains, Israéliens, Qataris et aussi Égyptiens, le Caire tenant un rôle de médiateur historique et incontournable dans le conflit israélo-palestinien.

Une première étape importante est franchie le 20 octobre. Un mois avant l'accord trouvé ce mercredi, le Hamas libère deux Américaines. Un essai"grandeur nature", comme l'a rapporté le haut responsable américain. Ce jour-là, la Maison Blanche suit leur chemin vers la liberté "en temps réel". Un test qui s'avère concluant. Et qui "donne confiance" dans la procédure alors établie, en confirmant le rôle clé du Qatar. 

Mais alors que les discussions s'accélèrent, elles butent rapidement sur une question cruciale. L'identification par le Hamas des otages qu'il pourrait libérer. Car Israël n'est pas convaincu. À ce stade, le pays ne dispose toujours d'aucune preuve de vie des civils que les terroristes prétendent détenir. Les communications deviennent alors "difficiles" et laborieuses. "Les messages doivent passer par Doha et Le Caire jusque dans la bande de Gaza, et revenir dans l'autre sens", explique la même source. Ce n'est que début novembre que l'accord tel qu'on le connait aujourd'hui "commence à prendre forme". Il est déjà question de libérer 50 personnes mais le Hamas, selon le haut responsable américain, ne fournit qu'une liste de dix noms.

Ce n'est qu'à la mi-novembre que le groupe islamiste finit enfin par produire 50 noms de femmes et d'enfants, avec des critères d'identification, toujours d'après la même source. Un signal positif qui pousse Israël a donné un premier feu vert le 14 novembre. Ce jour-là, "nous approchions de la conclusion". 

Le Hamas a menacé de faire échouer les négociations

Sauf que soudain, "tout s'est bloqué", poursuit la source. Le Hamas cesse de répondre. À plusieurs reprises, une fois le contact rétabli, le groupe islamiste palestinien veut "interrompre les discussions", ralentissant les tractations. Ce n'est donc que le 17 novembre qu'elles s'accélèrent à nouveau. Toujours d'après une source au sein de la Maison blanche, c'est à cette date que le président américain convient lors d'un appel avec l'émir du Qatar qu'il est temps de "sceller" l'accord. Le lendemain, l'émissaire américain Brett McGurk, auquel le patron de la CIA se joint par téléconférence, participe à Doha à une réunion décisive, débouchant sur un plan en "cinq à six pages", qui détaille le processus de libération, afin que "rien ne soit laissé au hasard". Le 19 novembre, lors d'un entretien avec le patron des services de renseignements égyptien Abbas Kamel, une réponse du Hamas permet de régler certains points en suspens.

L'INFO EN GRAND - Les détails de l'accord entre Israël et le HamasSource : TF1 Info

Alors, "pour la première fois", les Américains "voient l'accord prendre forme". Un long processus qui a pris fin ce mercredi. Et qui doit désormais récolter le dernier feu vert nécessaire à son application : celui de la Cour suprême israélienne, auprès de laquelle une association israélienne a déposé une requête.


Felicia SIDERIS avec AFP

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