Guerre Israël-Hamas : le chef du Hezbollah prévient son "ennemi" qu'une "guerre totale" est "réaliste"

par Maëlane LOAËC (avec AFP)
Publié le 3 novembre 2023 à 17h24, mis à jour le 3 novembre 2023 à 17h46

Source : TF1 Info

Le chef du Hezbollah a pris la parole ce vendredi, pour la première fois depuis le début du conflit entre son allié le Hamas et Israël.
Il a multiplié les déclarations martiales en direction de l'État hébreu et de son soutien américain, menaçant de basculer dans une "guerre totale" en cas d'agression contre le Liban.
Les combats à la frontière sud libanaise pourraient s'amplifier, a-t-il mis en garde.

Depuis plusieurs jours déjà, les Libanais retenaient leur souffle. L'allocution du chef du Hezbollah, soutien du Hamas palestinien, était très attendue ce vendredi au pays du Cèdre, alors que la tension ne cesse de grimper à la frontière avec Israël. Sans annoncer explicitement une bascule dans le conflit, le secrétaire général du puissant mouvement armé libanais a tout de même multiplié les menaces à l'adresse de l'État hébreu et de son allié, les États-Unis. Il a averti que l'éventualité "d'une guerre totale" était "réaliste", soulignant que "toutes les options" étaient sur la table concernant le front libanais, dans son premier discours depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, le 7 octobre.

Si le chef chiite a assuré ni le Hezbollah ni l'Iran n'ont participé à la préparation de cette offensive, qui aurait été "le résultat d'une décision palestinienne à 100%", il a tout de même rendu hommage aux "martyrs des brigades Qassam", la branche armée du Hamas, dont il a salué la "glorieuse opération" et la "grande victoire", des propos cités par le journal libanais L'Orient-Le Jour. "Ces réalisations (...) méritent tous les sacrifices, car ils ont jeté les bases d’une nouvelle ère pour les populations de la région", a-t-il déclaré, fustigeant la "faiblesse" de l'"entité" d'Israël, ébranlée selon lui par ce "séisme"

"La bataille s'achèvera avec la victoire de Gaza et la défaite de l’ennemi. Vous ne pourrez parvenir à rien à travers vos massacres", a-t-il aussi déclaré à l'adresse de l'État hébreu, qu'il a par ailleurs accusé de "menacer le Liban et sa population". Au niveau de la frontière sud du pays, Hassan Nasrallah a souligné que les hostilités avaient déjà démarré et a promis de poursuivre les combats, en ouvrant la porte à leur intensification.

"Attaquer le Liban serait la plus grande bêtise de son existence"

"Concernant le front libanais, nous sommes entrés dans la bataille depuis le 8 octobre. (...) Ce qui se passe à la frontière peut paraître modéré. Mais ce n’est pas le cas. Et nous ne nous suffirons pas de cela", a-t-il mis en garde, assurant livrer une "vraie bataille" qui a déjà fait 57 morts parmi les rangs du Hezbollah. Une "escalade" sur ce front pourrait être provoquée par "l'évolution de la situation à Gaza" et "le comportement de l’ennemi sioniste vis-à-vis du Liban", a-t-il avancé.

"Nous disons à l'ennemi qui peut songer à attaquer le Liban ou à mener une opération préventive que ce serait la plus grande bêtise de son existence", a ainsi lancé Hassan Nasrallah, tout en martelant que "toutes les options sur notre front sont ouvertes et examinées et nous pourrons y recourir à tout moment".

Les États-Unis "entièrement responsables de la guerre en cours à Gaza"

Le chef du mouvement pro-iranien s'est aussi montré menaçant à l'égard des États-Unis, solide allié de l'État hébreu, à qui il s'en est violemment pris. Il les a accusés d'être "entièrement responsables de la guerre en cours à Gaza" et a assuré qu'Israël n'était pour eux "qu'un instrument". "L'Amérique (...) empêche le cessez-le-feu et l'arrêt de l'agression", a dénoncé Hassan Nasrallah, appelant Washington à changer de stratégie s'il souhaite éviter un embrasement régional. 

"Celui qui veut empêcher une guerre régionale doit arrêter rapidement l'agression à Gaza", a-t-il insisté, au moment même où le chef de la diplomatie Antony Blinken se trouve en visite en Israël. Tout en assurant que son mouvement ne craignait pas les forces américaines : "votre flotte en Méditerranée ne nous fait pas peur (...) Nous sommes prêts (à faire) face à votre flotte, avec laquelle vous nous menacez", a également lancé le chef chiite. 

Des accusations rapidement balayées par Washington. "Nous n'entrerons pas dans une guerre des mots. Les États-Unis ne cherchent ni l'escalade ni l'élargissement du conflit que le Hamas a déclenché contre Israël", lui a répondu peu après un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche. "Ni le Hezbollah ni aucun autre acteur, étatique ou non, ne doit chercher à profiter du conflit entre Israël et le Hamas", a-t-il par ailleurs mis en garde.

Le Hezbollah a annoncé dès l'attaque du 7 octobre sa solidarité avec son allié palestinien du Hamas et revendique depuis des tirs contre les positions militaires israéliennes dans des secteurs frontaliers depuis le sud du Liban. Les affrontements transfrontaliers sont restés généralement limités, tant géographiquement que dans le type d'objectifs visés, mais, jeudi soir, le mouvement libanais a indiqué avoir attaqué simultanément "19 positions et sites militaires" israéliens, entraînant des frappes de représailles de Tsahal. Depuis le début de la guerre, les violences ont fait 72 morts au Liban, selon un décompte de l'AFP, et au moins six soldats et un civil côté israélien, d'après les autorités.


Maëlane LOAËC (avec AFP)

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