Gaza : Nétanyahou refuse de se plier aux demandes du Hamas et ordonne de "préparer" une offensive sur Rafah

par T.A. avec l'AFP
Publié le 7 février 2024 à 21h17, mis à jour le 8 février 2024 à 6h37

Source : TF1 Info

"Capituler devant les exigences délirantes du Hamas (...) entraînera un autre massacre", a estimé ce mercredi le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
Le dirigeant a aussi indiqué qu'une offensive sur Rafah, au sud de la bande de Gaza, allait bientôt avoir lieu.
Ces derniers jours, plusieurs pays médiateurs poussaient pourtant en vue d'un accord de trêve, qui avait obtenu une réponse "globalement positive" du Hamas.

Israël ne compte pas relâcher la pression sur Gaza. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a affiché sa fermeté, ce mercredi, dans un discours donné à la télévision nationale. "La poursuite de la pression militaire est une condition essentielle pour la libération des otages, a ainsi insisté le dirigeant lors de sa prise de parole. Capituler devant les exigences délirantes du Hamas, non seulement n'amènera pas la libération des otages, mais entraînera un autre massacre, et un désastre pour l'État d'Israël qu'aucun de ses citoyens n'est préparé à accepter.

Nétanyahou reste inflexible

Depuis plusieurs jours, les émissaires égyptiens, qataris et américains tentent d'obtenir un accord de trêve pour faire libérer les otages et faire entrer davantage d'aide humanitaire dans la bande de Gaza. Le Hamas a formulé une réponse "globalement positive" à cette proposition, avait souligné Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, le Premier ministre du Qatar, mardi, lors de sa rencontre avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken. Mais le mouvement islamiste avait aussi fait part de "quelques commentaires", selon le dirigeant. Des détails "examinés avec attention" par l'État hébreu, avait indiqué le bureau de Benyamin Nétanyahou un peu plus tard dans la soirée. 

Inflexible, le Premier ministre prévoit donc finalement de poursuivre l'opération militaire dans le sud de la bande de Gaza. La ville de Rafah, où se massent la majorité des Gazaouis depuis le début de la guerre déclenchée en riposte à l'attaque terroriste du 7 octobre du Hamas sur le sol hébreu, sera bientôt visée par une offensive de l'armée israélienne. "Nos héroïques soldats combattent actuellement à Khan Younès, le principal bastion du Hamas, a confirmé Benyamin Nétanyahou lors de son intervention. Nous avons donné l'ordre aux forces de défense israéliennes de préparer une opération à Rafah ainsi que dans deux camps [de réfugiés], derniers bastions restants du Hamas."

L'ONU inquiète par une offensive à Rafah

Le chef du gouvernement israélien a donc écarté l'idée d'une pause dans les combats, assurant que la victoire sur le mouvement islamiste palestinien était "une affaire de mois". Présent en Israël ce mercredi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken avait auparavant répété qu'il restait "beaucoup de travail" pour parvenir à un accord incluant la libération des otages retenus dans le territoire palestinien. Après la déclaration de Benyamin Nétanyahou, Antony Blinken a toutefois de nouveau estimé qu'il restait "de la place pour un accord" sur la libération des otages, tout en mettant en garde le dirigeant israélien contre toute action qui "exacerbe les tensions".

Un nouveau cycle de tractations, parrainé par l'Égypte et le Qatar, doit s'ouvrir au Caire jeudi, selon un responsable égyptien. "L'insistance [du Premier ministre israélien] à poursuivre l'agression confirme totalement que l'objectif de l'agression contre Gaza est le génocide du peuple palestinien, a pour sa part estimé Oussama Hamdane, un haut responsable du Hamas, lors d'une conférence de presse donnée à Beyrouth. Nous ferons tout notre possible pour protéger notre peuple, que ce soit par la résistance sur le terrain ou par des efforts politiques pour mettre fin à l'agression."

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre les "conséquences régionales incalculables" d'un éventuel assaut sur Rafah qui "augmenterait de façon exponentielle, ce qui est déjà un cauchemar humanitaire". Le Portugais a réitéré sa demande de mettre en place un "cessez-le-feu-humanitaire immédiat" et la libération de tous les otages. 132 personnes, dont trois Français, sont toujours détenues aux mains du Hamas dans la bande de Gaza, selon les autorités israéliennes.


T.A. avec l'AFP

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