Plusieurs pays occidentaux, dont la France, appellent leurs ressortissants à ne pas se rendre au Liban

par M.L (avec AFP)
Publié le 18 octobre 2023 à 15h33, mis à jour le 18 octobre 2023 à 16h32

Source : TF1 Info

Les affrontements se multiplient entre le Hezbollah libanais et Israël depuis l'offensive du Hamas, faisant craindre un élargissement du conflit au pays du Cèdre.
Face au regain de tensions à la frontière sud, de nombreux pays occidentaux ont déconseillé à leurs ressortissants de voyager au Liban.
Certains exhortent aussi ceux qui se trouvent déjà sur place à quitter le pays.

Plus de dix jours après le début du conflit entre Israël et le Hamas, les craintes sont plus fortes que jamais concernant le Liban. Par peur de voir Beyrouth basculer lui aussi dans la guerre, en cas d'embrasement régional, plusieurs pays occidentaux déconseillent ces derniers jours à leurs ressortissants de se rendre dans le pays. Parmi eux la France, mais aussi les États-Unis, le Canada, l'Australie ou encore la Suède.

Les inquiétudes sont d'autant plus vives que des affrontements entre le Hezbollah libanais, allié du Hamas, et l'armée israélienne se sont multipliés à la frontière, depuis l'offensive sanglante du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre dernier. Les affrontements à la frontière Israël-Liban ont depuis fait au moins 18 morts côté libanais, en majorité des combattants mais aussi un journaliste de l'agence Reuters et deux civils. Côté israélien, au moins trois personnes ont été tuées. Tel-Aviv a commencé à évacuer des milliers d'habitants dans 28 localités du nord du pays après ces accrochages à la frontière. 

"Dégradation de la situation sécuritaire régionale"

Les autorités françaises appellent ainsi à la plus grande vigilance. "Compte tenu des tensions sécuritaires dans la région et notamment à la frontière sud du Liban, il est déconseillé aux Français de passage qui envisagent un séjour au Liban de s’y rendre, sauf raison impérative", annonce le Quai d'Orsay sur son site. Toutes les régions frontalières sont formellement déconseillées d'accès et classées en vigilance rouge, tout comme la banlieue sud de Beyrouth et de Saïda. Le centre du pays, classé orange, reste "déconseillé sauf raison impérative", "compte tenu de la dégradation de la situation sécuritaire régionale".

Capture France Diplomatie

L'ambassade britannique a pour sa part temporairement évacué des familles de son personnel. "La situation peut se détériorer sans avertissement", selon le site du Foreign Office, qui demande à ses ressortissants de quitter le Liban s'ils n'ont pas de raison essentielle d'y rester "par des moyens commerciaux tant qu'ils sont disponibles". De son côté, l'ambassade d'Allemagne à Beyrouth a aussi émis un avertissement incitant tous ses ressortissants à éviter tout déplacement dans l'ensemble du Liban, selon L'Orient-Le Jour. Ceux déjà sur place doivent se préparer à d'éventuelles pénuries de provisions essentielles, a-t-elle par ailleurs alerté. 

L'ambassade espagnole sur place a également conseillé de "reporter tout voyage non essentiel au Liban". Du côté de Rome, les voyages qui ne sont "pas strictement nécessaires" sont de même appelés à être reprogrammés. L'ambassade italienne à Beyrouth a recommandé en particulier "d'éviter tout voyage au Sud-Liban". La Suède a, elle aussi, déconseillé tout déplacement "non essentiel" vers le pays du Cèdre "en raison de la situation sécuritaire".

Choisir "la première option disponible" pour partir

L'Europe n'est pas la seule à appelé à la vigilance. L'ambassade américaine avait quant à elle émis des consignes de prudence pour toute la région dès le 9 octobre. Les États-Unis ont finalement relevé mardi de 3 à 4 (le plus élevé) le niveau d'alerte de leur avis aux voyageurs, déconseillant à tout ressortissant américain de se rendre au Liban. "Ne voyagez pas au Liban en raison de la situation sécuritaire imprévisible liée aux tirs de roquettes, missiles et d'artillerie entre Israël et le Hezbollah ou d'autres factions armées militantes", a indiqué le département d'État dans un communiqué. Ils ont aussi autorisé le départ de leur personnel non essentiel, ainsi que leurs familles, de leur ambassade à Beyrouth. 

Le Canada a demandé quant à lui à ses ressortissants d'éviter tout déplacement "non essentiel" au Liban "en raison de l'imprévisibilité de la situation, du risque d'attaque terroriste et du conflit armé avec Israël". "Si le conflit armé s'intensifie, les moyens commerciaux pour quitter le pays pourraient être affectés", a mis en garde le gouvernement, qui souligné qu'en cas de "conflit actif", sa capacité à "fournir des services consulaires", notamment des évacuations, "peut être limitée".

Sur son site gouvernemental, l'Australie a aussi demandé à ses ressortissants déjà dans le pays de "considérer si leur présence est essentielle" et à choisir "la première option disponible" en cas de départ. Elle a également souligné qu'en cas de crise, la possibilité du gouvernement de faire évacuer ses ressortissants "sera très limitée". "Des attaques terroristes peuvent se produire à tout moment et n'importe où, y compris à Beyrouth", a également mis en garde le ministère des Affaires étrangères.

De leur côté, des compagnies aériennes ont déjà suspendu des vols, voire annulé leurs liaisons vers la capitale libanaise, à l'instar de l'allemande Lufthansa, qui a étendu la suspension de sa liaison avec Beyrouth "jusqu'au 22 octobre inclus", selon le site de la compagnie. La compagnie helvète Swiss Airlines a annoncé lundi la suspension de ses vols vers la ville jusqu'au 28 octobre. Et la compagnie aérienne nationale libanaise, la Middle East Airlines, a indiqué lundi avoir "stationné temporairement cinq de ses 24 avions à l'aéroport d'Istanbul par précaution".

Appel à éviter les protestations contre Israël

La tension a encore grimpé d'un cran ces dernières heures, le Hezbollah ayant appelé à observer une "journée de colère" mercredi pour condamner un tir meurtrier contre un hôpital de la bande de Gaza, un "massacre" dont il accuse Israël. Plusieurs pays, dont la France, ont exhorté leurs ressortissants à éviter les rassemblements organisés, à rester très prudents dans leurs déplacements dans le pays et à se montrer vigilants aux consignes de sécurité des autorités libanaises. À Beyrouth et sa banlieue notamment, "ces rassemblements sont susceptibles de créer des difficultés d’accès et de circulation à l’intérieur de ces villes", alerte le Quai d'Orsay.

Des centaines de manifestants se sont d'ores et déjà rassemblés mardi soir devant l'ambassade de France à Beyrouth, jetant des pierres qui se sont empilées devant l'entrée principale. Aux États-Unis, des centaines de manifestants étaient rassemblés devant l'ambassade américaine à Awkar, dans la banlieue nord de la capitale, où ils ont scandé "mort à l'Amérique" et "mort à Israël", selon des correspondants de l'AFP. 


M.L (avec AFP)

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