Ukraine : une guerre partie pour durer

La France veut débloquer le port d’Odessa, les Ukrainiens résistent dans le Donbass… Le point sur la situation en Ukraine

Julien Moreau avec AFP
Publié le 11 juin 2022 à 8h51, mis à jour le 11 juin 2022 à 9h08
JT Perso

Source : TF1 Info

L’armée ukrainienne tente de reprendre le contrôle de la ville de Severodonetsk, dans le Donbass, actuellement sous contrôle de l’armée russe.
La France se tient prête à aider l’Ukraine dans la libération du port d’Odessa.
Retour sur les faits marquants des dernières 24 heures.

Au 108e jour de l’offensive russe en Ukraine, les combats font rage dans l’est du pays, notamment dans la région du Donbass. Dans son habituel message quotidien du soir, Zelensky a fait état "de très violents combats" dans la région. La France a déclaré qu’elle se tenait prête à aider l’Ukraine pour lever le blocus du port d’Odessa. Kiev a profité de la venue du ministre de la Défense britannique, Ben Wallace, pour remercier Londres de son aide précieuse dans la livraison d’armes. 

BLOCUS D’ODESSA. La France a pris position dans l'épineux dossier des céréales ukrainiennes, dont l'exportation est bloquée par les Russes. Ainsi, la présidence française a indiqué, ce vendredi 10 juin, que Paris était prête à participer à une "opération" permettant de lever le blocus du port d'Odessa et d'exporter les céréales ukrainiennes vers les pays qui en ont besoin. 

"Nous sommes à disposition des parties pour au fond que se mette en place une opération qui permettrait d'accéder au port d'Odessa en toute sécurité, c'est-à-dire de pouvoir faire passer des bateaux en dépit du fait que la mer est minée", a déclaré un conseiller du président français. Emmanuel Macron doit se rendre en Roumanie et en Moldavie, mardi 14 et mercredi 15 juin, en attendant une visite en Ukraine, dont la date n'a pas encore été fixée, selon l'Élysée.

Zelensky ne voulait pas entendre les mises en garde américaines

MACKY SALL. Ces déclarations interviennent après la réception du président sénégalais Macky Sall à l’Élysée, ce vendredi 10 juin. Celui qui est aussi président de l’Union Africaine a appelé au déminage du port d'Odessa, et il a indiqué avoir reçu des assurances du président Vladimir Poutine que les Russes n'en profiteraient pas pour attaquer, comme le redoutent les Ukrainiens. 

JOE BIDEN. De son côté, le président américain Joe Biden a affirmé que son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky "ne voulait pas entendre" les mises en garde américaines avant l'invasion de son pays par la Russie. "Beaucoup de gens pensaient que j'exagérais" en évoquant une attaque russe contre l'Ukraine avant qu'elle ne débute, a déclaré l’actuel président américain. "Mais je savais que nous avions des informations en ce sens. Le président russe Vladimir Poutine allait traverser la frontière. Il n'y avait aucun doute et Zelensky ne voulait pas l'entendre", a-t-il ajouté devant des journalistes.

La Russie veut dévaster chaque ville du Donbass, chacune, sans exagération. Comme Volnovakha, comme Marioupol.

Volodymyr Zelensky

BOMBARDEMENTS À KHERSON. L’Ukraine contre-attaque dans la région de Kherson. Les forces ukrainiennes ont indiqué, ce vendredi 10 juin, avoir bombardé des positions russes dans cette région du sud de l’Ukraine, dont la quasi-totalité est occupée depuis les premiers jours de l'invasion.

SEVERODONETSK. Dans le Donbass, la bataille pour conserver les villes de Severodonetsk et Lyssytchansk s’intensifie. Dans son habituel message quotidien du soir, Volodymyr Zelensky a fait état "de très violents combats" dans le Donbass. "La Russie veut dévaster chaque ville du Donbass, chacune, sans exagération. Comme Volnovakha, comme Marioupol", a-t-il relevé. Si l’État-major ukrainien, a fait comprendre qu’elle ne voulait pas lâcher ses soldats dans la ville, les dirigeants ukrainiens sont désormais confrontés à une décision stratégique clé : se retirer de la ville de taille moyenne et prendre des positions plus défendables, ou rester et tenter de remporter un combat qui paraît inégal.

La Russie se retire définitivement de l'Organisation mondiale du tourisme

ATTAQUE DEPUIS LE BELARUS. Selon l'état-major, l'armée russe se prépare à attaquer Slavyansk et Siversk, regroupant ses troupes et acheminant munitions et carburant dans cette perspective. Et le risque de frappes de l'Ukraine depuis le Belarus "persiste", a-t-il relevé.

ORGANISATION MONDIALE DU TOURISME. La Russie officialise son retrait de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) dont elle a été suspendue en avril à la suite de l'indignation mondiale suscitée par son offensive militaire. Le gouvernement "accepte la proposition du ministère russe des Affaires étrangères (...) concernant le retrait de la Fédération de Russie de l'Organisation mondiale du tourisme", a fait savoir, ce vendredi 10 juin, un décret signé par le Premier ministre Mikhaïl Michoustine.

Sécuriser le flanc oriental de l'Otan

BILAN. La bataille est particulièrement meurtrière, avec "jusqu'à 100 soldats" ukrainiens tués et 500 blessés chaque jour, indiquait jeudi le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov. Les Russes ne disent rien sur leurs pertes. Le chef de l'administration présidentielle ukrainienne Andriï Yermak a annoncé samedi matin "la mort pendant la guerre" d'un journaliste militaire, l'officier Oleksiy Chubashev. Il n'a pas donné de précision sur les circonstances du décès de celui qui a été responsable d'un programme de recrutement et de la télévision militaire ukrainienne.

OTAN. Au 107e jour de la guerre, les chefs d’État de neuf pays d'Europe centrale et orientale (Roumanie, Pologne, Hongrie, Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, République tchèque, Slovaquie) se sont par ailleurs retrouvés vendredi à Bucarest, pour demander un renforcement du flanc oriental de l'Otan, à moins de trois semaines d'un sommet de l'Alliance à Madrid. "Face aux risques accrus pour la sécurité en Roumanie et en mer Noire, consolider l'Otan sur son flanc Est (...) devient d'autant plus urgent et crucial", a déclaré le président roumain Klaus Iohannis en ouvrant la réunion, co-présidée par son homologue polonais Andrzej Duda. Ce mercredi 8 juin, le président américain Joe Biden a réaffirmé "l'engagement des États-Unis en faveur de la sécurité (...) du flanc oriental de l'Otan" et souhaité que la réunion de Bucarest soit "couronnée de succès".

LIVRAISON D’ARMES. Les Ukrainiens ne cessent de réclamer à leurs alliés occidentaux de nouvelles armes plus puissantes. La livraison de systèmes de lance-roquettes multiples, notamment des Himars d'une portée d'environ 80 km, soit légèrement supérieure aux systèmes russes, a été annoncée par Washington et Londres. Dans ce contexte, le ministre britannique de la Défense Ben Wallace a fait une visite non annoncée de deux jours à Kiev.

 

 Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié Londres pour son rôle moteur dans le soutien occidental à l'Ukraine. "Les mots se transforment en actions. C'est ce qui fait la différence entre les relations entre l'Ukraine et la Grande-Bretagne et celles entre l'Ukraine et d'autres pays", a-t-il salué, dans une apparente pique à l'encontre d'autres pays européens, sans en nommer aucun. "Armes, finances, sanctions : dans ces trois dossiers, la Grande-Bretagne montre son leadership", a poursuivi le chef d'État dans une vidéo publiée sur son compte Telegram.


Julien Moreau avec AFP

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