Guerre en Ukraine : pour les civils, la fuite ou le chaos

Guerre en Ukraine : qu'est-ce qu'une bombe au phosphore ?

Julien Moreau
Publié le 2 juillet 2022 à 9h04, mis à jour le 2 juillet 2022 à 9h27
JT Perso

Source : TF1 Info

L'armée ukrainienne accuse les Russes d'avoir tiré des bombes au phosphore sur l'île aux Serpents, dans la mer Noire.
Fin mars, Volodymyr Zelensky avait déjà accusé ce jeudi la Russie d’avoir recours à ces armements.
L’utilisation du phosphore blanc sur les civils est classée comme un crime de guerre.

La Russie à nouveau soupçonnée de recourir à des bombes incendiaires. L'armée ukrainienne a accusé vendredi soir Moscou d'avoir tiré des bombes au phosphore sur l'île aux Serpents dans la mer Noire, d'où les forces de Moscou se sont retirées jeudi après avoir été chassées par les Ukrainiens. "Vers 18 heures, les forces armées russes ont effectué à deux reprises une attaque aérienne avec des bombes au phosphore sur l'île aux Serpents", a écrit sur Telegram le commandant en chef ukrainien, Valeriï Zaloujniï, accusant Moscou "de ne pas respecter ses propres déclarations".

Le 24 mars dernier, Volodymyr Zelensky avait déjà accusé la Russie d'utiliser des bombes au phosphore contre des adultes et des enfants. Selon le protocole III additionnel à la Convention sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination de l’ONU, signé en 1980 et ratifié en 1983, son usage est interdit sur les civils. Son utilisation est considérée comme un crime de guerre.

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Le phosphore blanc est un élément chimique ayant pour capacité de provoquer des brûlures plus ou moins graves. Couramment utilisé en tant que fumigène, il peut créer des écrans de fumée sur le champ de bataille en illuminant le ciel. Il peut enflammer les tissus, le carburant ainsi que beaucoup d’autres combustibles. Le phosphore blanc peut devenir une arme chimique lorsqu'il est utilisé directement pour ses capacités offensives.

Le phosphore quand il entre en contact avec l’oxygène brûle à plus de 1.300 degrés

Olivier Lepick

En 2020, Patrick Knipper, chirurgien orthopédiste de l’APHP de Paris (APHP) et spécialiste des grands brûlés avait déclaré dans les colonnes du Point que les dégâts du phosphore blanc pouvaient être considérables sur le corps. Il évoquait "des lésions qui progressent au fil des jours, très profondes, une baisse anormale du taux de calcium dans le sang des patients brûlés".

Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique, a déclaré ce jeudi 24 mars sur la plateau de LCI que "la bombe au phosphore est une bombe incendiaire. Le principal objectif de ces bombes au phosphore, c'est de provoquer des incendies dévastateurs. Le phosphore quand il entre en contact avec l’oxygène brûle à plus de 1.300 degrés. Il faut rester prudent concernant l’utilisation de bombes au phosphore en Ukraine même si un certain nombre d’indices laissent penser qu’il s’agit bien de bombes au phosphore. Aujourd’hui, ce n’est absolument pas avéré".

Dans un article publié par le service de biochimie, toxicologie et pharmacologie cliniques de l'hôpital d'instruction des armées de Bégin (Saint-Mandé), les scientifiques précisent "qu’une mort subite peut être observée à partir d'une étendue de brûlure correspondante de 10 à 15 % de la surface totale du corps".

Des bombes déjà utilisées dans d'autres conflits

Le phosphore blanc a été employé dans de nombreuses guerres au fil des années. Dans les sept premiers mois de l'année 2018, cette arme a été utilisée en Syrie trente fois par l’alliance militaire syro-russe, selon Human Rigts Watch. Avant cela, l'organisation affirme que des bombes au phosphore blanc ont été utilisées 90 fois entre novembre 2012 et novembre 2017.

La coalition dirigée par les États-Unis contre l'organisation terroriste Daech s'est servie de cette arme en Irak et en Syrie en 2017, selon Human Rights Watch. Fin 2020, le phosphore blanc a été utilisée par les forces azerbaïdjanaises contre des militaires arméniens dans le Haut-Karabakh, comme l'affirme nos confrères du Point.


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