VIDÉO - Ukraine : dans l'enfer d'Avdiïvka, encerclée par les Russes

par Benoit LEROY avec AFP
Publié le 15 février 2024 à 14h55

Source : TF1 Info

Les Ukrainiens font face à une situation "critique" dans la ville d'Avdiïvka, selon Kiev.
Les Russes tentent d'encercler la ville et une unité d'assaut ukrainienne a été envoyée en renfort, jeudi.
Des soldats de l'armée de Moscou affirment que la bataille d'Avdiïvka fait "une boucherie" dans leurs rangs.

Avdiïvka pire que Bakhmout ? Depuis mercredi 14 février, l'état-major ukrainien reconnaît publiquement que la situation dans cette ville de l'est du pays est "extrêmement critique". Compte tenu des derniers événements et de la pression mise par la Russie sur cette cité de l'oblast de Donetsk, l'état-major ukrainien a envoyé des renforts sur place. 

"La troisième brigade d'assaut confirme avoir été urgemment redéployée pour renforcer les troupes ukrainiennes dans le secteur d'Avdiïvka" a indiqué vendredi cette unité sur Telegram dans un message titré "l'enfer d'Avdiïvka", cité industrielle confrontée à de très intenses attaques russes depuis l'automne. Preuve de l'intensité des combats en cours : une vidéo, qui circule sur les réseaux sociaux et reprise dans le sujet en tête de cet article. Longue d'environ cinq minutes, elle est filmée par un soldat qui présente comme un engagé volontaire russe

Engagez-vous qu'ils disaient. Je l'ai fait. Je ne m'attendais pas à ça. C'est la guerre, mais ça, c'est une boucherie.
Soldat russe

On y voit la progression de deux soldats sur le champ de bataille. Essoufflés, affamés et assoiffés, ils décrivent la scène. "Il n'y a plus d'arbres. Les corps sont éparpillés. C'est l'apocalypse", témoigne l'un d'eux. Des blindés, des arbres et surtout des corps : il n'y a que des Russes. L'homme qui filme indique qu'il s'agit des membres de son unité. "Voilà notre vie. Engagez-vous qu'ils disaient. Je l'ai fait. Je ne m'attendais pas à ça. C'est la guerre, mais ça, c'est une boucherie", poursuit-il. 

La ville déjà encerclée ?

Selon certains témoins au front, la bataille d'Avdiivka est pire que celle de Bakhmout. La ville serait encerclée par 50.000 soldats russes. Tous sont prêts pour l'assaut. Le seul itinéraire d'évacuation qui était aussi la seule voie d'approvisionnement - celle que les Ukrainiens appelaient "la route de la vie" - est désormais hors d'usage. "La route menant à la ville a déjà été complètement détruite par l'ennemi", a expliqué mercredi à la chaîne ukrainienne ICTV Vadim Filashkin, commandant en chef de l'armée. 

Selon lui, 926 personnes étaient encore mercredi dans la ville. Avant la guerre, la cité comptait 30.000 habitants. "Les gens partent d'eux-mêmes. Mais ils ne veulent pas le faire. Il y a maintenant trois à quatre personnes qui partent chaque jour. La ville dispose de réserves humanitaires, d'eau et de médicaments", a ajouté Vadim Filashkin. "La situation est difficile", a reconnu l'officiel ukrainien.

Nos soldats tiennent fermement la défense, infligeant des pertes significatives aux envahisseurs
État-major de l'armée ukrainienne

Contre toute attente, la troisième brigade d'assaut, intervenue en décembre dernier à Bakhmout, a donc été envoyée dans l'enfer d'Advdiivka. Elle affirme y mener des contre-attaques sur des quartiers conquis par les Russes. "Les forces de l'ennemi dans notre zone se montent à environ sept brigades" et des renforts continuent d'arriver, relève l'unité. "Nous sommes obligés de nous battre sur 360 degrés contre de nouvelles brigades que l'ennemi continue d'envoyer", explique le commandant de l'unité, Andriï Biletsky.

Plus réservé, l'état-major de l'armée ukrainienne assure que les Russes poursuivent leurs tentatives d'"encercler Avdiïvka". "Nos soldats tiennent fermement la défense, infligeant des pertes significatives aux envahisseurs" et "ont repoussé 34 attaques ennemies dans le secteur d'Avdiivka", assure l'état-major dans son rapport matinal jeudi.  La vidéo russe publiée sur X mercredi évoque aussi un lourd bilan côté russe. Le soldat qui filme explique que sur les 4000 hommes de sa brigade, un tiers est mort. 

En janvier, les Ukrainiens croyaient encore pouvoir sauver la ville. Désormais, sur place, personne n'ose dire : "Nous survivrons"


Benoit LEROY avec AFP

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