Invasion russe en Ukraine : Poutine s'obstine

L'armée russe veut désormais se concentrer sur la "libération" du Donbass

Léa Coupau avec l'AFP
Publié le 25 mars 2022 à 17h47

Source : JT 20h Semaine

L'armée russe a déclaré vendredi qu'elle allait désormais se concentrer sur la "libération du Donbass", à l'est de l'Ukraine.
Elle affirme avoir toutefois atteint les objectifs initiaux de "l'opération spéciale" qu'elle mène dans ce pays depuis le 24 février.

La Russie bascule vers l'est. Ce vendredi, Moscou dit vouloir désormais concentrer ses efforts sur la "libération" du Donbass, à l'est de l'Ukraine. "Les principaux objectifs de la première phase de l'opération ont été remplis. Les capacités de combat des forces ukrainiennes ont été réduites de manière importante, ce qui permet (...) de concentrer le gros des efforts sur l'objectif principal : la libération du Donbass", a déclaré l'adjoint au chef de l'état-major russe Sergueï Roudskoï.

Armée russe bloquée, arrêtée

Depuis le début de l'offensive, le 24 février dernier, les principales avancées de l'armée russe ont eu lieu dans l'est et le sud de l'Ukraine, mais cette dernière n'a pas réussi à conquérir une seule des grandes villes. Elle se trouve dans de nombreux endroits bloquée face à la résistance de l'armée ukrainienne.

Les assauts lancés contre la capitale ukrainienne, par le nord-est et par le nord-ouest, ont été, par exemple, arrêtés. D'après les autorités ukrainiennes, l'armée russe, au contraire, recule. Du côté de Kharkiv, la deuxième ville du pays, les forces de Vladimir Poutine continuent de détruire les infrastructures, mais sans en prendre les commandements. Au sud-est, Marioupol, pourtant dévastée à plus de 80 % selon les autorités ukrainiennes, tient toujours.

Dans le Donbass avec l’armée russeSource : JT 13h Semaine

Pour mémoire, le Donbass ukrainien est contrôlé en partie depuis 2014 par des séparatistes prorusses. Ils y ont proclamé deux "républiques", Lougansk et Donetsk. Juste avant l’offensive en Ukraine, Moscou a reconnu l'indépendance de ces dernières et a lancé son intervention militaire dans le but officiel de les protéger d’un "génocide" soi-disant orchestré par le pouvoir ukrainien.

Cette semaine, lundi 21 mars, dans une interview à Suspilne, un média public régional ukrainien, le président Volodymyr Zelensky s'est dit prêt à discuter avec Vladimir Poutine d'un "compromis" sur cette région, avec la Crimée, pour "arrêter la guerre". "Je crois que la question de la Crimée et du Donbass est une histoire très difficile pour tout le monde", a-t-il admis, en demande des "garanties de sécurité".

Toutefois, le chef d'État ukrainien a prévenu qu’un référendum en Ukraine serait organisé pour permettre à la population de "se prononcer sur certaines formes de compromis". "Nous devons tout faire pour que le Donbass et la Crimée nous reviennent (…) Une question de temps ? Oui. Mais l’arrêt de la guerre, maintenant, c’est ça la question", a-t-il ajouté.


Léa Coupau avec l'AFP