La guerre a fait de la musique une arme pour le moral des troupes et de la population restée en Ukraine.
Un phénomène qui est amplifié par les réseaux sociaux.
Des violonistes, des chanteurs, mais aussi de parfaits anonymes sont devenus des visages de la résistance ukrainienne.

Depuis le 24 février, de nombreuses vidéos de chanteurs et de musiciens ukrainiens fleurissent sur les réseaux sociaux. Dans la vidéo du 20H en tête de cet article, on voit Alex jouer plus fort que les sirènes. La police de Lviv, à l'ouest de l'Ukraine, a beau ordonné à chacun de s'abriter dans la gare, il est resté avec son piano pour interpréter la musique du compositeur Hans Zimmer. L'artiste, en tournée à Londres, l'a appris et a interrompu son concert pour rendre hommage à son courage.

Du courage, c'est ce qu'Amélia du haut de ses 7 ans a donné aux habitants de son immeuble à Kiev, piégés comme elle à l'abri des bombes. Son interprétation de la "Reine des neiges" a fait le tour du monde. Dimanche 20 mars, en Pologne, où elle vit désormais, elle a ouvert un concert de charité en faveur de l'Ukraine avec l'hymne de son pays, qu'elle a chanté a capela devant 15 000 personnes. Le monde découvre ainsi l'hymne ukrainien. Une douce mélodie qui dit dans son refrain "pour notre liberté, nous donnerons notre âme et notre corps".

Le 14 mars, Moises Bondarenko, en tenue de soldat, a pris son violon pour motiver ses camarades. À 24 ans, ce violoniste a décidé au premier jour de la guerre de prendre l'uniforme et de garder son instrument. "Pour moi, c'est très important de sentir que je suis là où je dois être, que je fais tout pour la victoire de mon pays. C'est comme ça que je me sens vivant que je me sens à ma place parce que je fais partie de tout cela", explique-t-il.

Dans le métro, les abris ou les ruines, c'est l'âme d'une nation qui se lève bien au-delà de ses propres frontières. À l'heure des réseaux sociaux, beaucoup d'artistes choisissent ainsi de faire résonner leur culture contre le bruit de la guerre. Et même quand il ne reste plus rien de sa maison bombardée, c'est avec son piano et Chopin qu'Irina a trouvé ce jour-là la force de partir.

Ilya veut rester et résister avec son violon. Ce jour-là, sa musique a franchi les murs de son abri. Huit compatriotes l'ont accompagné. Et par la magie d'un montage vidéo, 85 autres violonistes de 54 pays ont joué ensemble une berceuse venue d'Ukraine et oublié la guerre pendant quelques instants.


Antoine Llorca | Reportage TF1 : Sylvie Pinatel, Oleksandra Kliatska

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