Mais qui a tiré sur la Pologne ?

TG
Publié le 16 novembre 2022 à 11h22, mis à jour le 16 novembre 2022 à 12h30

Source : TF1 Info

Un missile a touché le territoire polonais et fait deux morts, mardi après-midi.
Les belligérants se renvoient la responsabilité du tir.
Quelques heures après cet acte sans précédent depuis le début du conflit, trois scénarios se dessinent.

Une première depuis le début du conflit en Ukraine. Un missile a frappé le village polonais de Przewodow, à environ six kilomètres de la frontière ukrainienne, mardi après-midi, tuant deux hommes. Le site d'informations Gazeta.pl indique que l'explosion s'est produite vers 16h en France dans une installation de séchage de céréales, située près d'une école. Le missile est tombé alors que la Russie menait des frappes massives sur les infrastructures civiles ukrainiennes, qui ont laissé des millions de foyers sans électricité. Les missiles russes ont frappé des villes dans tout le pays, dont Lviv (ouest), près de la frontière polonaise. 

Un acte qui a suscité la condamnation unanime des dirigeants occidentaux, qui préfèrent rester prudents. Car quelques heures après ce tir, les doutes subsistent sur son origine. Et les regards se tournent autant vers Moscou que Kiev. En effet, le déroulé exact des événements est pour l'heure encore flou. Le président polonais Andrzej Duda a d'ailleurs déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que son pays n'avait pas encore de "preuve univoque" sur l'auteur du lancement de missile. Cela n'a pas empêché Kiev de monter rapidement au créneau : mardi soir, le président Volodymyr Zelensky a accusé la Russie, qualifiant cette attaque présumée "d'escalade très importante". Son chef de la diplomatie a qualifié de "théories du complot" les allégations, publiées sur internet, selon lesquelles il pourrait s'agir d'un missile ukrainien.

Un missile "vendu à de nombreux pays de la région"

Seulement voilà : si la Pologne, membre de l'Otan, a évoqué un missile "de fabrication russe", Moscou ne serait pas nécessairement à l'origine du tir. Les débris retrouvés en Pologne "ont été identifiés de manière catégorique par des spécialistes russes (...) comme un élément d'un missile guidé antiaérien des systèmes de défense antiaérienne S-300 des forces armées ukrainiennes", a fait savoir ce mercredi le ministère russe de la Défense. Et ce dernier de préciser que les frappes de mardi - une centaine sur l'ensemble du territoire ukrainien - ont été menées à "une distance supérieure à 35 kilomètres de la frontière ukraino-polonaise".

La France, elle, appelé à "la plus grande prudence" car "beaucoup de pays" de la région disposent du même type de missile, a déclaré l'Élysée. "Il y a beaucoup de missiles de fabrication russes dans la région", a confirmé sur LCI ce mercredi le général Olivier de Bavinchove. Selon l'ancien chef d'état-major des forces Internationales (ISAF) de l'Otan, le missile S-300 – dont les débris aurait été retrouvés mardi soir sur le sol polonais – "est vendu à de nombreux pays de la région. Et l'Ukraine s'en sert." Toujours selon le général de Bavinchove, "le président Biden a raison quand il dit qu’on ne peut pas tirer ce missile - d'une portée de 200km - depuis le territoire russe. En effet, la distance entre impact en terre polonaise et territoire russe est environ de 1000km." Le président américain Joe Biden a estimé qu'il était "improbable" qu'il ait été tiré depuis la Russie et assuré qu'il allait "déterminer ce qu'il s'est passé exactement". 

Dès lors, un troisième scénario surgit : l'hypothèse d'un tir depuis le sol biélorusse. Le missile est effectivement tombé sur le village de Przewodow, dans le sud-est de la Pologne, non loin de l'Ukraine mais aussi non loin du territoire bélarusse utilisé par l'armée russe depuis le début de l'invasion le 24 février.

Seule certitude : l'enquête, déjà en cours, devrait rapidement porter ses fruits. De son issue dépendra peut-être l'évolution du conflit : l'article 5 du traité de l'Alliance atlantique affirme en effet que si un État membre est victime d'une attaque armée, les autres considèreront cet acte de violence comme dirigé contre l'ensemble des membres. Ils peuvent dès lors prendre les mesures jugées nécessaires pour venir en aide au pays attaqué.


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