Le président français a affirmé que les avions de chasse réclamés par Kiev ne pourraient pas être livrés "dans les semaines qui viennent".
Lors d'une conférence de presse, il a expliqué privilégier des armes "plus utiles" et "plus rapides".

Des avions de chasse pourquoi pas, mais pas tout de suite. Alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a terminé sa mini-tournée européenne à Bruxelles, jeudi 9 février, pour réclamer des livraisons d'avion de combat, Emmanuel Macron a souhaité temporiser. Le président français, qui s'est exprimé lors d'une conférence de presse dans la nuit de jeudi à vendredi, a affirmé que les aéronefs réclamés par Kiev ne pourraient "en aucun cas" être livrés "dans les semaines qui viennent", assurant privilégier des armes "plus utiles" et "plus rapides".

Toutefois, le chef de l'État n'a pas totalement fermé la porte à Kiev. "Je n'exclus absolument rien", a-t-il indiqué tout en estimant que les avions de combat ne correspondaient "pas aujourd'hui aux besoins". Une déclaration qui ne devrait satisfaire qu'à moitié Volodymyr Zelensky, qui n'a cessé de marteler, lors de sa visite à Paris mercredi puis lors de son déplacement à Bruxelles jeudi, que son pays avait besoin d'aéronefs pour mettre fin à la guerre menée par la Russie.

"Tout faire" pour aider l'Ukraine

La prudence française tranche avec les déclarations d'autres pays alors que la Slovaquie ou la Pologne se sont déjà dit prêts à fournir des avions de combats à l'Ukraine en cas d'accord européen. Toutefois, les Occidentaux craignent que la livraison de telles armes n'aboutisse à une escalade particulièrement dangereuse avec la Russie. Mais des tabous sont tombés depuis un an et les soutiens de Kiev ont déjà accepté en janvier de fournir des chars lourds.

Ainsi, Emmanuel Macron a assuré que sa "discussion très approfondie et très précise" avec Volodymyr Zelensky mercredi à Paris avait mis en lumière que la priorité devait être "de tout faire pour aider (l'Ukraine) à résister dans les prochaines semaines", et de "mener les opérations utiles au printemps-été si on veut pouvoir ensuite mener les actions diplomatiques en parallèle". "Il est essentiel que les alliés privilégient les matériels qui sont les plus utiles" et "les plus rapides", a-t-il ajouté, estimant que les canons Caesar et le système de défense sol-air de moyenne portée MAMBA fournis par la France répondaient à ces critères.

Il faut peut-être "intensifier" les livraisons des "éléments d'artillerie permettant de lancer des offensives terrestres ou de résister", a-t-il insisté, promettant d'y "travailler dans les prochains jours". Face à ces déclarations, le Kremlin a mis en garde l'Europe, jeudi, contre "un engagement croissant de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la France dans le conflit". "La frontière entre engagement indirect et direct disparaît peu à peu. On ne peut que le regretter", a ainsi affirmé Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe.


A.B. avec AFP

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