Chars lourds occidentaux : un cap symbolique dans le soutien à l'Ukraine

par La rédaction de TF1info | Reportage Florence de Juvigny et Jean-François Jouanne
Publié le 26 janvier 2023 à 11h53, mis à jour le 26 janvier 2023 à 12h14

Source : JT 20h Semaine

En acceptant finalement de livrer des chars lourds allemands et américains à Kiev au grand dam de Moscou, le camp occidental franchit un cap symbolique dans son soutien à l'Ukraine.
Le pays bénéficiera d'un armement susceptible de l'aider à percer les lignes russes.

Après de longues tergiversations, les États-Unis vont livrer 31 chars Abrams à l'Ukraine pour l'aider à combattre l'invasion russe, a annoncé mercredi le président Joe Biden, dans la foulée du feu vert allemand à l'envoi de chars à Kiev et en dépit des avertissements de Moscou. Cette livraison ne devrait toutefois pas se faire avant "plusieurs mois", d'après le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby.

L'annonce est un revirement pour les États-Unis, qui jusqu'ici se disaient réticents à fournir leurs chars lourds les plus avancés à Kiev, avançant des raisons de maintenance et de formation. Il s'agit d'"aider l'Ukraine à défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale", a déclaré Joe Biden lors d'une brève allocution. 

"Il ne s'agit pas d'une menace offensive contre la Russie", a-t-il insisté. Le président russe Vladimir "Poutine s'attendait à ce que la détermination de l'Europe et des États-Unis faiblisse. Il s'attendait à ce que notre soutien à l'Ukraine s'effrite avec le temps. Il avait tort", a lancé le président américain. Plus tôt mercredi, Biden s'est entretenu de l'Ukraine avec les dirigeants allemand, français, italien et britannique.

La France n'a pas assez de chars (...) les prochains n'arriveront qu'en 2040, et donc elle hésite
Dominique Trinquand, expert militaire en géostratégie

D'autres pays comme l'Allemagne, le Royaume-Uni ou encore la Pologne s'apprêtent, eux aussi, à fournir des chars de la même génération. Une étape que, jusqu'alors, les Occidentaux se refusaient d'affranchir. Et côté Français ? Pour l'heure, silence radio, pas la moindre annonce. Comment l'expliquer ? "Parce que la France n'a pas assez de chars. Elle n'a que 200 chars, si elle en donne, les prochains n'arriveront qu'en 2040, et donc elle hésite", répond le général Dominique Trinquand, expert militaire en géostratégie, dans le sujet en tête de cet article.

Si on additionne toutes les promesses internationales, on pourra dépasser les 150 chars livrés, l'Ukraine en demandait 300. Depuis plusieurs semaines, les Ukrainiens reculent. Les Russes ont repris la ville de Soledar et regagnent du terrain au sud de Bakhmout. Mais avant que les chars occidentaux soient opérationnels sur le front ukrainien, il faudrait encore attendre au moins trois mois.


La rédaction de TF1info | Reportage Florence de Juvigny et Jean-François Jouanne

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