L'armée russe a lancé une offensive d'ampleur début mai dans la région de Kharkiv.
En difficulté, les troupes ukrainiennes résistent tant bien que mal, notamment à Vovchansk, devenue ville fantôme en raison des combats.
Interrogé par les équipes de LCI, un officier de renseignement fait le point sur la situation.

Ces derniers mois, la Russie a repris l'initiative en Ukraine. Et depuis le 10 mai, c'est un assaut d'ampleur que les forces russes ont lancé dans la région de Kharkiv. Autour de Vovchansk, elles ont gagné plusieurs kilomètres de terrain. Une douzaine de petites collectivités sont tombées. Les Ukrainiens ont été pris par surprise par la soudaineté et la violence de l'attaque. 

"À ces endroits, il n'y avait ni mines ni véritable ligne de défense. On cherche à comprendre pourquoi. Une enquête est en cours", explique Denis Yaroslavskyi, officier de renseignement et soldat de la 57ᵉ brigade, que les envoyés spéciaux de LCI ont pu rencontrer. 

Pour les deux camps, un lourd bilan

Depuis le début de cette nouvelle offensive, le bilan humain est particulièrement lourd pour les deux camps. Selon Denis Yaroslavskyi, les Russes ont perdu plusieurs centaines d'hommes, alors que "le 17e bataillon de la 57e brigade ukrainienne a été quasiment anéanti dans les combats", reconnait-il. "Les pertes sont importantes et pour nous chaque vie compte", souligne l'officier de renseignement, qui assure que "la situation est complètement stabilisée"

Je veux rassurer tout le monde : une invasion de Kharkiv est impossible
Denis Yaroslavskyi, officier de renseignement ukrainien sur LCI

"Les Russes contrôlent environ 30% de Vovchansk avec un bataillon. 400 de leurs soldats y sont déployés", poursuit-il. "Je veux rassurer tout le monde : une invasion de Kharkiv est impossible. On connaît nos capacités de défense même si, actuellement, les tirs permanents de missiles et les bombes planantes guidées nous font très mal."

Appel à la France et aux Occidentaux

Pour Denis Yaroslavskyi, l'actuelle offensive russe poursuit d'ailleurs d'autres objectifs que ceux de conquérir la deuxième plus grande ville d'Ukraine (près de 1,5 million d'habitants avant la guerre). "D'abord (il s'agit de) créer une zone tampon de 10 kilomètres, pour éviter nos attaques sur Belgorod et sa région. Ensuite, (Moscou) tente de disperser nos forces et de réduire notre présence actuelle à Koupiansk et Tchassiv Yar", estime-t-il. "Dans les deux cas, cette stratégie de Poutine est un échec."

Pour autant, Denis Yaroslavskyi prévient : les Ukrainiens ont besoin d'aide, et notamment de la France. "On espère que Macron prendra les bonnes décisions. On a besoin de soldats et d'armements", rappelle-t-il. "On va essayer de tenir le plus possible, mais c'est impossible sans aide."


M.G | Reportage LCI : Thomas MISRACHI, Thibault BRUCK et Kostia YAREMENKO

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