DOCUMENT LCI - Guerre en Ukraine : une nuit sur la ligne de front avec une unité d'artilleurs

par Y.R. | Reportage : Charline HUREL, Vincent WARTNER et Anton BONDARENKO
Publié le 10 avril 2024 à 12h18, mis à jour le 21 avril 2024 à 15h31

Source : TF1 Info

Une équipe de LCI a pu suivre au plus près une unité d'artilleurs ukrainiens, de nuit et de jour, à moins de quatre kilomètres des positions russes.
Cette nuit-là, la petite équipe mène une opération pour appuyer les troupes au sol.

"Ici, la guerre ne dort jamais." Cette phrase est fréquemment prononcée, depuis plus de deux ans, par les soldats ukrainiens envoyés sur la ligne de front. Dans l'obscurité, à la simple lueur d'une loupiote, une équipe de LCI est partie au contact d'une unité d'artilleurs. Quatre hommes regroupés dans un abri de 9 m². 

"La meilleure défense, c'est le camouflage", assure un artilleur de la brigade Azov surnommé Paz, son nom de combat. "Si tu n'es pas repéré, ça ira." Dans leur campement de fortune, situé à moins de quatre kilomètres des troupes russes, les soldats attendent l'ordre de passer à l'action. "C'est plus difficile de travailler de nuit pour nous, car on voit moins. Après de nuit, les distances seront mieux visibles et pour corriger les tirs, c'est plus facile aussi", explique Bor.

À l'extérieur, une cible est repérée. Au bout d'un long dédale, escarpé, dans le noir complet, ils se positionnent. Malgré la faible visibilité, les gestes sont méthodiques. "On tire et les obus leur arrivent dessus 20 secondes après", nous informe Bor, qui juste après la frappe aide ses frères d'armes à dissimuler le canon. "On se camoufle, on va dans l'abri et dès qu'ils bougent en face, on les tape", affirme Vinitsya.

Ça me fait du bien de me dire que j'aide des potes sur la ligne devant
Kis, artilleur ukrainien

L'opération n'est pas terminée toutefois. Alors que la nuit est bien avancée, le petit groupe se maintient éveillé avec un peu de café et des airs de musique. "C'est comme ça qu'on se détend moralement et physiquement... On se détend le cerveau", affirme Vinitsya. Une parenthèse qui est amenée à ne pas durer. À l'aube, un ordre de tir ramène les artilleurs à la réalité. "Allez, on sort et envoie la sauce", lance Paz, qui se réjouit de découvrir les premières lueurs du jour. 

Les munitions sont plus faciles à manipuler. Non loin d'eux, d'autres canons tirent de concert. En 25 minutes, l'unité éjecte une dizaine d'obus en appui d'un assaut ukrainien. "J'ai des potes dans l'infanterie, sur la ligne devant", témoigne Kis. "Ça me fait du bien de me dire que je les aide avec mon travail, qu'on repousse l'assaut mené sur eux." Un soutien plus que vital pour faire face à la pression russe.


Y.R. | Reportage : Charline HUREL, Vincent WARTNER et Anton BONDARENKO

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