VIDÉO - "50% des armes pour l'Ukraine ne sont pas livrées" : ces alliés qui n'honorent pas leurs promesses

Publié le 26 février 2024 à 13h40, mis à jour le 26 février 2024 à 14h12

Source : TF1 Info

La moitié des armes occidentales promises à l'Ukraine sont livrées avec du retard, a déclaré dimanche le ministre ukrainien de la Défense.
Certains pays, tel que le Canada, font partie de ces alliés dont les livraisons se font particulièrement attendre.

"Un engagement n'est pas synonyme de livraison". Deux ans après le début de l'invasion de l'Ukraine, Kiev a tiré ce dimanche un bilan en demi-teinte du soutien occidental. Et pour cause : selon Roustem Oumerov, le ministre de la Défense, seule la moitié des armes promises a réellement atterri entre les mains de son armée. 

"À l'heure actuelle, 50% de (ces) engagements ne sont pas livrés dans les temps", a regretté Roustem Oumerov lors d'un forum à Kiev pour le deuxième anniversaire de la guerre. À cause de ces retards, "nous perdons des gens, nous perdons des territoires", a ajouté le ministre. Si ce dernier n'est pas rentré dans le détail, le fait est que certains alliés ont moins joué le jeu que d'autres. Plusieurs pays s'affichent en effet comme des alliés indéfectibles… sans pour autant honorer leurs paroles. 

C'est tout particulièrement le cas du Canada : le 24 février 2022, les autorités avaient promis 2,4 milliards de dollars de don. Deux ans plus tard, "seulement" un milliard de matériels militaires a, en réalité, été transféré. En clair : 60% de l'aide n'a pas été honorée. Système de défense, drones, véhicules blindés, caméras pour drones, vêtements d'hiver… rien de tout cela n'est arrivé sur le sol ukrainien. "Cela a un impact autant sur le champ de bataille que sur l'image du Canada auprès de nos alliés qui nous perçoivent de plus en plus comme indifférents face à cette guerre et comme un allié peu fiable", a commenté Christian Leuprecht, professeur au collège militaire royal du Canada.

Plus globalement, le camp pro-Ukraine affichent de profondes disparités d'un pays à l'autre. Selon l'Institut de Kiel pour l'économie mondiale, les Etats-Unis sont sans surprise le plus gros donateur sur une période s'étendant du 24 janvier 2022 au 15 janvier 2024, avec 44,5 milliards de dollars d'armements. L'Allemagne est seconde, suivie du Royaume-Uni, du Danemark, puis les institutions européennes, le Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, la Suède, la Finlande et la France.  

Nous ne sommes pas capables de faire plus aujourd'hui"

Paris se classe dans le milieu du tableau sur les 42 pays donateurs recensés par le think tank allemand. À noter que l'aide de 1,8 milliard d'euros offerte par Paris ne comprend pas les accords bilatéraux signés par l'Ukraine avec l'Allemagne et la France le 16 février. En effet, la France s'est engagée à fournir en 2024 "jusqu'à trois milliards d'euros" d'aide militaire "supplémentaire" à Kiev. "La France produisait 1000 obus par mois. Elle passera en 2025 à 3000 par mois. Sachant que les Ukrainiens en consomment 3000 à 5000 par jour. (…) Les Français donnent ce qu'ils ont. Nous ne sommes pas capables de faire plus aujourd'hui", a expliqué ce lundi sur LCI le général Christophe Gomard, ancien chef du renseignement militaire.  

Il faut dire que les 27 sont à la peine sur leurs engagements initiaux. Prenons le cas des obus : un million de munitions aurait dû être livré avant fin mars 2024. Mais seules 300.000 pièces sont finalement arrivées en Ukraine. Problème, Kiev aurait besoin d'environ 3 millions d'obus par an pour tenir le rythme imposé par Moscou. Certains protagonistes ont avancé comme explication à ce retard un manque de main d'œuvre. Las, Josep Borrell, patron de la diplomatie européenne, a, lui, avancé une autre raison : 40% de la production est exportée vers des pays tiers. Il ne s'agirait donc pas un manque de capacité de production.

Dans le détail, les 27 États membres ont déjà apporté 28 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine depuis l'invasion et ils apporteront 20 milliards en 2024, selon Josep Borrell. Mais il faut "faire plus", a exhorté le chancelier allemand Olaf Scholz. 

Si les Européens ont augmenté leurs budgets de défense et certains, comme Emmanuel Macron, ont proclamé le passage à une "économie de guerre", seuls 9 pays ont dépensé plus de 2% leur PIB dans leur défense l'an passé. Mais pas l'Allemagne ni la France ou l'Italie, les trois pays les plus riches de l'Union et dotés d'une industrie de défense puissante. À titre de comparaison, l'aide débloquée représente plus de 4 % du PIB estonien, 3 % du PIB danois et 2 % du PIB lituanien.


Thomas GUIEN

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