Guerre en Ukraine : des exactions au cœur du conflit

REPORTAGE - Guerre en Ukraine : après le retrait russe, des villages exsangues

TF1 | Reportage : Ignacio Bornacin, Guillaume Aguerre et Antoine Pocry
Publié le 9 avril 2022 à 20h09
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les informations sur des exactions commises par les soldats russes continuent de se multiplier.
Sur le terrain, il est urgent de tout consigner avant que le temps n'efface les preuves.
Un travail très éprouvant, mais nécessaire pour espérer un jour faire condamner les coupables.

Exhumer les morts pour connaître la vérité. Depuis le départ de l'armée russe, après un mois d'occupation, des dizaines de tombes sont peu à peu découvertes dans le village de Bohdanivka, à l'est de Kiev, où s'est rendue une équipe de TF1 pour le reportage en tête d'article. Ici, c'est un vieil homme qui avait été tué dans sa chambre, par une rafale d'arme automatique tirée depuis la rue. Selon l'armée ukrainienne, qui rassemble le plus d'informations possibles, au moins vingt civils ont été tués dans ce village. La plupart des corps ont été enterrés par les habitants à la va-vite, à même les jardins. Tous feront l'objet d'une enquête pour savoir si les crimes de guerre ont été commis ici.

Plus loin dans le village, les enquêteurs inspectent une voiture criblée de balles. Son chauffeur a été enterré juste à côté, avec la plaque d'immatriculation de sa voiture pour toute épitaphe. Les habitants racontent leur peur de mourir à chaque instant pendant l'occupation du village. "Ils ont mitraillé ma maison", témoigne une femme, "ils ont tué mon chien, et on était là pendant tout ce temps". L'interview s'interrompt brusquement, car une autre femme en pleurs nous interpelle. Son fils et son mari ont été enlevés par les soldats russes il y a déjà un mois. "Je les attends toujours, je ne sais pas où ils sont !". Nikolaï est chauffeur routier, son fils Sacha est secouriste, et Valentina assure qu'ils n'étaient pas des combattants.

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Dans ce quartier ravagé par les bombardements et les tirs d'artillerie, nous rencontrons ensuite Katarina, 73 ans, qui affirme que sa maison a été pillée par les soldats russes. De sa maison où elle vit seule, il ne reste que des décombres. Depuis plus d'un mois, elle cuisine sur un feu improvisé dans sa cour, et se lave dehors avec l'eau de pluie. Elle ne dort plus que dans sa cave, sans électricité. "Je n'ai plus que mon petit-fils (...), il est resté avec moi pour m'apporter de l'eau et de la nourriture, car je ne peux plus rien faire seule". Tous ces témoignages de la vie sans occupation russe, que recueillent notamment des ONG, documenteront plus tard des enquêtes pour crimes de guerre.


TF1 | Reportage : Ignacio Bornacin, Guillaume Aguerre et Antoine Pocry

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