Alors que l’armée russe poursuit son avancée dans la région de Kharkiv, la ville de Vovchansk résiste encore.
Si elle comptait 18.000 habitants avant la guerre, ils n'y seraient aujourd'hui plus que quelques dizaines.
Un reportage exceptionnel mené par nos envoyés spéciaux sur place.

Sans cet homme, Vovchansk serait peut-être aux mains des Russes. Le 10 mai dernier, lorsque la ville est attaquée par l'armée russe, c’est lui qui donne l’alerte. Huit jours plus tard, alors que l’armée russe poursuit son offensive dans la région de Kharkiv, au nord-est de l'Ukraine, Denis Yaroslavskii estime que l’offensive est contenue. 

"Nous avons réussi à arrêter les russes. C’est un fait. Ils sont en ville. Et ne progressent plus. Mais stopper une offensive et faire reculer l’ennemi sont deux choses très différentes", admet l'officier de renseignement de la 57ᵉ brigade motorisée auprès de notre équipe qui se rapproche du sud de cette ville où se trouvent des positions ukrainiennes, à seulement quelques encablures de la frontière russe. Les bombardements y sont incessants.

Ça tire tout le temps, c’est pour cela que la forêt est en feu
Denis Yaroslavskii

"Ça, ce sont des impacts de tirs de lance-roquette multiples. Ici, ça tire tout le temps, c’est pour cela que la forêt est en feu", explique Denis Yaroslavskii. Dans un bunker caché, la riposte s’organise. "Je finis ma localisation de cibles d’artillerie et je suis à vous", nous lance Andrey Shcherbyna, droniste de la 57ᵉ brigade motorisée. 

Les yeux rivés sur ses écrans de contrôle, le soldat nous explique la situation. "Nous, on envoie les coordonnés à l’artillerie. Et elle frappe l’ennemi. Malheureusement, on n’a pas assez d’obus pour frapper comme on le voudrait. Les Russes ont beaucoup de munitions", se désole-t-il. Sur le terrain, pas question de faire une pause, les pertes ukrainiennes sont importantes. "C’est la méthode russe. Ils opèrent toujours de la même façon. Vovchansk me rappelle Bakhmout", lance Andrey Shcherbyna. 

Les habitants fuient la ville en feu

Svetlana a pu quitter Vovchansk où elle vivait depuis 25 ans. "Notre maison a été détruite, nous n’avons plus d’endroit où habiter. C’est très difficile. Il y a des bombardements en permanence. Toute la ville est en feu", explique-t-elle. Privées d’eau, de gaz et d’électricité, sa mère et sa sœur ont décidé de l’accompagner. "Nous n’avons eu aucun répit depuis le 9 mai, jusqu’à aujourd’hui. Ni le jour ni la nuit".

Depuis le début de la nouvelle offensive russe au nord de l’Ukraine, 10.000 personnes environ ont été évacuées dans la région de Kharkiv. Il y a urgence. En plus des combats, des civils ont aussi directement été pris pour cible. "12 civils sont décédés. Au moins l’un d’entre eux a été abattu à bout portant par un soldat russe. Cela est un fait avéré. Et ce n’est pas le seul. Les civils se font tirer dessus. Et les Russes ne les laissent pas venir vers le territoire que nous contrôlons", nous informe Oleksi Kharkivsky, chef de l’unité réaction rapide de la police de Vovchansk. Avant l’invasion russe, Vovchansk comptait 18000 habitants. Ils n’y seraient plus que quelques dizaines.


Rania HOBALLAH | Reportage : Thomas Misrachi, Thibault Bruck, Kostyantyn Yaremenko

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