Le général Mark Milley, chef d'état-major de l'armée américaine, a accordé une interview à la BBC avec son homologue britannique.
Le responsable américain estime qu'il reste "encore environ 30 à 45 jours" à l'Ukraine pour réussir sa contre-offensive contre la Russie.
L'armée de Kiev "progresse à un rythme très régulier à travers les lignes de front russes", a toutefois ajouté Mark Milley.

"Il reste encore environ 30 à 45 jours" pour que Kiev réussisse sa contre-offensive. Le constat est dressé par le général et chef d'état-major américain Mark Milley, dans un entretien accordé à la BBC avec son homologue britannique, l’amiral Sir Tony Radakin. Le responsable militaire a par ailleurs admis que les troupes de Kiev avaient avancé plus lentement que prévu face aux positions adverses. Mais "de violents combats se poursuivent, les Ukrainiens continuent de progresser à un rythme très régulier à travers les lignes de front russes", indique dans le même temps le général.

Kiev, exaspérée par les critiques sur sa stratégie militaire ces dernières semaines venues de la part de ses alliés, pourrait ne pas voir d'un bon œil ces nouvelles déclarations. "Il y a des batailles qui ne sont pas terminées", rappelle toutefois Mark Milley, estimant qu'il est encore trop tôt pour déclarer si la contre-offensive est un succès ou un échec. Même si l'armée ukrainienne vient d'annoncer des progressions sur le front sud du pays, les soldats gagnent péniblement du terrain sur les troupes russes. 

Importance de la "pression économique et diplomatique"

"J'ai dit au tout début de cette [guerre] que cela allait être long, lent, difficile et faire de nombreuses victimes, et c'est exactement ce que c'est", continue Mark Milley. Du côté britannique, l'amiral Radakin se montre un peu optimiste. Pour lui, la résilience de l'armée ukrainienne constitue déjà une victoire face à l'agression russe. "C’est parce que l’objectif de la Russie était de soumettre l’Ukraine et de la mettre sous son contrôle, analyse-t-il. Cela ne s’est pas produit et cela n’arrivera jamais, et c’est pourquoi l’Ukraine gagne.

Le chef d'état-major britannique a aussi mis l'accent sur l'importance de la "pression économique et diplomatique" mise sur Moscou par les alliés de Kiev, estimant que "la Russie en souffre". Sur ce plan, la réunion des 20 plus grandes puissances mondiales à New Delhi pour le G20 ce week-end n'a néanmoins pas connu l'issue espérée par les Ukrainiens, étant donné qu'aucune déclaration n'a finalement été signée par les participants pour déplorer l'attaque russe sur leur territoire. 

Dès samedi, le ministre des Affaires étrangères ukrainien, avait expliqué qu'il n'y avait "pas de quoi être fier" après la réunion des dirigeants mondiaux. À l'inverse, son homologue russe, Sergueï Lavrov, a salué un sommet jugé "sans aucun doute" comme un "succès". Présent en Inde, ce dernier s'est félicité que "le texte [signé] ne mentionne pas la Russie du tout".


Theodore AZOUZE

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TF1 Info