De nouveaux bombardements russes ont fait quatre victimes à Kharkiv et à Kherson dimanche.
En tournée en Amérique Latine, Olaf Scholz a affirmé que son pays ne permettra pas que la guerre se transforme en conflit entre la Russie et l'Otan.
De son côté, l'Otan se dit "prête à un affrontement direct" avec la Russie.

Plus de 11 mois après le début de l'invasion russe en Ukraine, l'est du pays est toujours le théâtre de combats acharnés, tandis que les bombardements russes se poursuivent sur le reste du territoire. Dimanche 29 janvier, de nouveaux bombardements sur un hôpital, un bureau de poste et une gare routière ont tué au moins trois personnes et blessé six autres à Kherson, dans le sud de l'Ukraine, a ainsi dénoncé le président Volodymyr Zelensky dans son allocution quotidienne. Le même jour, une frappe russe sur un immeuble résidentiel a tué une personne à Kharkiv (est), selon le gouverneur de la région. Dans une zone sous contrôle russe de la région de Zaporijia, dans le sud du pays, les autorités installées par Moscou ont indiqué de leur côté que quatre personnes avaient été tuées par une frappe ukrainienne sur un pont de chemin de fer. 

Dans ce contexte, les acteurs internationaux surveillent l'évolution du conflit. À l'image de l'un des chefs du comité militaire de l'Otan, Rob Bauer, qui a déclaré dimanche que l'Alliance était prête à une "confrontation directe" avec la Russie. "D'habitude, l'Otan est maître du temps", a affirmé l'amiral sur la chaîne télévisée allemande DW. "Là, nous faisons face à la Russie qui vient à nous et nous envahit. Nous devons être beaucoup plus prêts, nous n'avons pas le temps de nous préparer à l'avance, car ce sont eux qui décident quand ils viennent", a-t-il poursuivi, appelant à "réarmer l'alliance". Des propos que le chancelier allemand Olaf Scholz a tenu à tempérer, après avoir rencontré le président chilien dans le cadre de sa tournée en Amérique latine.

Scholz et Biden "refusent d'envoyer des troupes en Ukraine"

Le chancelier a ainsi réaffirmé que son pays ne permettra pas que la guerre en Ukraine se transforme en conflit entre la Russie et l'Otan. "Nous avons contribué à ce qu'il n'y ait pas d'escalade du conflit, car cela aurait de graves conséquences pour le monde entier. Cela conduirait, par exemple, à une guerre entre la Russie et les pays de l'Otan, cela n'arrivera pas, nous l'empêcherons par tous nos efforts, nous avons réussi jusqu'à présent et nous continuerons à le faire", a déclaré le chef du gouvernement allemand. 

"Il s'agit de soutenir l'Ukraine, il s'agit d'avoir un débat sérieux pour prendre les décisions qui doivent être prises et cela ne devrait pas être une compétition (pour savoir) qui envoie le plus d'armes", a-t-il fait valoir. Olaf Scholz a expliqué que lui et son homologue américain Joe Biden "(refusent) d'envoyer des troupes en Ukraine" afin d'éviter une escalade du conflit. Le chancelier a par ailleurs affirmé que son pays n'enverra pas d'avions de combat en Ukraine. 

Après plusieurs semaines d'hésitation, Berlin a finalement accepté d'envoyer en Ukraine 14 chars Leopard 2 de fabrication allemande. Le dirigeant a rappelé que l'Allemagne "a apporté son soutien, comme d'autres pays, sous forme de livraisons financières, humanitaires et d'armes - c'est notre obligation". 

L'Otan demande à la Corée du Sud "d'intensifier" son aide militaire à l'Ukraine

De son côté, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a demandé, ce lundi 30 janvier, à la Corée du Sud d'"intensifier" son aide militaire à l'Ukraine, lui suggérant de réviser sa loi qui consiste à ne pas fournir d'armes aux pays en guerre. La Corée du Sud est un exportateur d'armes de plus en plus important au niveau mondial et elle a récemment paraphé des contrats pour vendre plusieurs centaines de chars à des pays européens, dont la Pologne, membre de l'organisation atlantiste. Kiev a "un besoin urgent de plus de munitions", a déclaré Jens Stoltenberg, soulignant que des pays comme l'Allemagne et la Norvège, qui avaient une législation similaire à celle de la Corée du Sud en matière d'exportation d'armes, ont revu leur politique pour soutenir Kiev. 

Le secrétaire général de l'Otan a également dit que l'armée russe se prépare à un nouvel effort de guerre et que Moscou reçoit des armes notamment de la part de la Corée du Nord, d'après des renseignements transmis par la Maison Blanche. Pyongyang a démenti dimanche et prévenu que les États-Unis s'exposeraient à un "résultat vraiment indésirable" s'ils continuaient à répandre cette "rumeur créée de toutes pièces". Le gouvernement nord-coréen a estimé que cette accusation est une "tentative stupide de justifier" l'envoi prochain d'engins militaires à l'Ukraine par Washington, qui a promis la semaine dernière la livraison de 31 chars Abrams à Kiev. 


S.M avec AFP

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