Après l'arrivée de Wagner en Biélorussie, Volodymyr Zelensky a donné l'ordre, vendredi 30 juin, de renforcer la frontière avec Minsk.
Dans le même temps, le chef de la milice, Evgueni Prigojine, serait sur la "kill list" du FSB, selon les renseignements ukrainiens.
Les faits marquants de ces dernières 24 heures.

Kiev barricade sa frontière avec la Biélorussie. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a ordonné, vendredi 30 juin, de renforcer la sécurité de la frontière avec Minsk, après l'arrivée sur place de combattants du groupe Wagner, après la rébellion avortée en Russie. "Sur décision de l'état-major, le commandant en chef (Valery) Zaloujny et le général (Serguiï) Naïev ont reçu l'ordre de renforcer la direction nord afin de garantir la paix", a-t-il annoncé sur Telegram. Il a indiqué avoir été informé de la situation par les services de renseignement ukrainiens et étrangers, ainsi que par les gardes-frontières. Dans un précédent message, le chef d'État ukrainien avait évoqué des "mesures pour renforcer cette zone".

La Russie "plus forte" après la rébellion avortée de Wagner. Une semaine après la mutinerie de la milice d'Evgueni Prigojine, finalement stoppée alors que ses troupes se préparaient à "marcher sur Moscou", le pouvoir russe fait front. "La Russie est toujours sortie plus solide, plus forte, de toutes les difficultés. (...) Cela sera encore le cas cette fois. Nous sentons déjà que ce processus a commencé", a assuré le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'un point-presse. "Merci d'être inquiets pour nos intérêts nationaux, mais ce n'est pas nécessaire", a-t-il ajouté, répondant à une question d'un média étranger. Lors d'un déplacement dans le Caucase russe, mercredi 28 juin, où il s'est offert un rare bain de foule, le président russe, Vladimir Poutine, a assuré "ne pas avoir douté" du soutien de la population pendant l'insurrection armée de Wagner.

Le FSB "a reçu l'ordre de tuer" Evgueni Prigojine. Alors qu'il s'est réfugié en Biélorussie, après sa rébellion avortée, le chef de Wagner serait sur la liste noire de Vladimir Poutine. Selon le directeur du renseignement militaire ukrainien (GUR), Kyrylo Boudanov, le sort du leader de la mutinerie serait scellé. "Nous savons que la tâche de tuer Prigojine a été confiée au FSB", a-t-il affirmé dans une interview, reprise par le ministre ukrainien de la Défense. "Vont-ils réussir ? Le temps nous le dira. Quoi qu'il en soit, toutes les tentatives d'assassinat potentielles ne seront pas rapides. Il leur faudra un certain temps pour développer les approches respectives et atteindre un stade où ils seront prêts pour une opération à grande échelle. Mais, je tiens à souligner qu'il s'agit d'une grande question ouverte. Seront-ils capables de faire cela ? Oseront-ils exécuter cet ordre ?"

L'Ukraine réclame davantage d'armes

Des sites d'infos liés à Wagner bloqués. Des portails d'informations appartenant au groupe médiatique Patriot, proche du chef de Wagner, Evgueni Prigojine, ont été bloqués par le gendarme russe des télécoms, Roskomnadzor. Plusieurs sites politique et économique russes, dont Ria Fan, tous liés à la milice, étaient inaccessibles depuis la Russie. Leurs adresses internet figurent dans le registre "accès restreint" de l'agence gouvernementale chargée de bloquer les contenus illégaux et extrémistes, mais aussi les médias et autres ressources bannies par les autorités. D'autres médias liés à Patriot, Nevskie Novosti et Ekonomika Segodnia, ont annoncé sur Telegram qu'ils cessaient leurs activités.

La contre-offensive de Kiev contrariée... par le manque d'armes. Alors que l'armée ukrainienne a revendiqué de nouvelles avancées sur le front, dans l'est et le sud de l'Ukraine, selon un rapport de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), les troupes de Kiev sont toutefois limitées par un manque d'armement. "Ça me gonfle", a lancé le commandant en chef, Valery Zaloujny, dans un interview accordé au Washington Post, à propos des Occidentaux qui se plaignent des lents progrès de Kiev face aux Russes. Selon lui, Kiev a besoin au plus vite de munitions et d'avions de combat pour rivaliser avec la puissance aérienne russe.

La menace d'un "accident intentionnel" à Zaporijia. La semaine passée, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avait accusé Moscou de préparer une "attaque terroriste" contre la plus grande centrale nucléaire d'Europe. Des accusations depuis étayées par les renseignements ukrainiens. Selon eux, la Russie projetterait de la faire exploser. Quatre des six unités de production et un bassin de refroidissement auraient ainsi été minés dans ce but. Des employés et représentants de l'agence russe de l'énergie nucléaire, Rosatom, auraient eux reçu l'ordre d'évacuer. Il est "peu probable que les forces russes provoquent un accident intentionnel à la centrale nucléaire de Zaporijia", a toutefois estimé l'ISW. 

Des citoyens kazakhs enrôlés dans l'armée russe ? Le Kazakhstan a reconnu pour la première fois des tentatives d'enrôlement de sa population par Moscou afin d'aller combattre en Ukraine. "Nous avons observé dans notre région des tentatives de recrutement de la population locale vers la Fédération de Russie pour participer au conflit armé en Ukraine", a indiqué dans un communiqué le procureur de la région de Kostanaï. Cette immense région du nord, à la superficie égale à un tiers de la France, est frontalière de la Russie et plus de 40% des quelque 880.000 habitants sont d'origine russe. Il s'agit de la première déclaration en ce sens des autorités kazakhes, alliées de Poutine, mais désireuses de rester neutre dans ce conflit.


Y.R. avec AFP

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