Ukraine : onze mois de guerre

Missiles américains installés sur des avions russes, drones trafiqués... le "système D" de l'armée ukrainienne

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Publié le 18 octobre 2022 à 17h11
JT Perso

Source : TF1 Info

Depuis le début du conflit, l'armée ukrainienne parvient à adapter la faiblesse de son matériel face à la force de frappe russe.
Lance-roquettes installés sur des vedettes ou drones commerciaux à l'usage détourné, les soldats ukrainiens rivalisent d'originalité.

Himars, Javelin, drones suicides... Depuis cet été, l'armée ukrainienne a bénéficié d'importantes livraisons d'armes occidentales. Des appareils "intelligents", fruit des dernières avancées technologiques, qui ont permis à Kiev d'établir une percée dans l'est du pays, où la contre-offensive a permis de mettre la main sur de large pans de territoire. Pour autant, rien n'aurait été possible sans la faculté d'adaptation des troupes ukrainiennes, qui ont manié ces derniers mois l'art du "système D".

Missiles installés sur des camions pour pouvoir les transporter plus rapidement à proximité des cibles, lance-roquettes fixés sur des vedettes pour accroître sa force de frappe navale… Les soldats ont rivalisé d'audace pour tenir face à l'armée de Vladimir Poutine. "Certaines personnes comparent les Ukrainiens à MacGyver", explique Frederick B. Hodges, un ancien haut gradé de l’armée américaine en Europe.

Des missiles américains installés sur des avions russes

Exemple le plus éloquent : les missiles antiradars AGM-88 High-Speed Anti-Radiation Missile, "made in USA", que les Ukrainiens sont parvenus à adapter à leurs bombardiers MIG de fabrication… russe. Longtemps évoquée, cette prouesse a été confirmée en aout dernier à la presse par une haute responsable du ministère américain de la Défense.

Objectif ? Avec ces missiles, les pilotes de chasse ukrainiens peuvent aveugler les systèmes antiaériens russes en les détruisant directement, avec un radar intégré au système, ou en les gênant, avec un radar annexe au système antiaérien.

Des drones commerciaux adaptés pour les combats

Autre performance des soldats ukrainiens ? Leur faculté à adapter des drones aux combats. Aux premiers jours de l'invasion russe, le ciel ukrainien s'est en effet chargé d'aéronefs téléguidés investis de missions de renseignement ou de combat. De fabrication chinoise, turque, américaine ou issus des boutiques ukrainiennes, ils ont beaucoup aidé l'armée du président Zelensky. Le drone turc Bayraktar, ou TB-2 a ainsi brillé pendant la bataille de Kiev. "Il aurait été extrêmement difficile pour l'Ukraine de bloquer l'armée de Poutine sans drones" lorsque celle-ci visait la capitale, avait relevé en juin dernier Paul Lushenko, lieutenant-colonel américain et chercheur à l'Université de Cornell. Les Ukrainiens "ont pu exacerber les défis logistiques et stratégiques" ennemis.

Les drones ont à la fois renforcé le renseignement des Ukrainiens et compensé la faiblesse de leur armée de l'air, démontrant "qu'ils pouvaient constituer une aviation légère de substitution face à un adversaire conventionnel", a écrit pour la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) Aude Thomas. Si l'outil n'est pas nouveau (les Américains s'en sont servi en Afghanistan et en Irak), Kiev a innové avec des drones commerciaux à des fins de renseignement, d'évaluation des dommages, d'appui/guidage des feux d'artillerie et de frappes contre les positions adverses.

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Preuve du savoir-faire ukrainien en la matière, Kiev a même mis sur pied une unité spéciale. "Aerorozvidka" a en effet été fondée en 2014 lors de la guerre de Crimée afin de ressembler des informaticiens privés. Ces derniers ont développé des drones militaires à base de modèles disponibles dans le commerce, intégrés par la suite au sein des troupes de combat. Selon la FRS, l'unité "fabriquerait ses propres drones armés, dotés de munitions antichars/RPG" et compte désormais "50 équipes de pilotes de drones expérimentés".


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